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On connaît bien l’action de la morphine sur la douleur mais son efficacité à réduire les douleurs chroniques est limitée et ses effets secondaires, en particulier le risque de toxicomanie sont bien connus.
Les opioïdes agissent en se liant à des molécules spécifiques, les récepteurs mu, delta et kappa, qui sont largement distribués dans le système nerveux. L’activation du récepteur mu rend compte de l’action de la morphine sur la douleur mais aussi de la propriété des opioïdes à induire une toxicomanie. La fonction des deux autres types de récepteurs est moins bien connue.
Afin de les étudier, les chercheurs analysent les effets de molécules ciblant spécifiquement les différents récepteurs des opioïdes, ainsi que le comportement de souris normales ou dépourvues génétiquement de chacun de ces récepteurs.
L’équipe a ainsi découvert que l’activation du récepteur delta diminue les douleurs inflammatoires ou neuropathiques et contrôle l’anxiété et l’humeur. Les chercheurs ont alors émis l’hypothèse qu’un médicament ciblant le récepteur delta pourrait permettre de traiter non seulement les douleurs chroniques, mais également les états dépressifs qui se développent souvent chez ces patients.
D’autres recherches sont en cours sur la caractérisation des mécanismes neurobiologiques responsables de l’association addiction-dépression chez les toxicomanes.
L’ensemble des résultats attendus devrait permettre de mieux comprendre le rôle des opioïdes sur les comportements émotionnels et peut être de développer de nouveaux médicaments ciblant leurs récepteurs, afin d’améliorer la prise en charge des patients présentant plusieurs formes de dépression, pour lesquelles les traitements actuels sont insuffisants.
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| | Le Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale a apporté son soutien aux projets menés sur ce thème dans le laboratoire du Pr Kieffer, en finançant 4 chercheurs depuis 2007, pour un montant total de 178 269€.
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