
Les antibiotiques agissent en détruisant les bactéries ou en bloquant les étapes nécessaires à leur prolifération. Ainsi, plusieurs classes d’antibiotiques, notamment les bêta-lactamines et les glycopeptides, inhibent l’action des enzymes qui participent à la formation de la paroi des bactéries, essentielle à leur survie. Il existe plusieurs mécanismes connus de résistance à ces classes d’antibiotiques. Récemment, un mécanisme inédit a été découvert par l’équipe du Dr Michel Arthur*, chez la bactérie
Enterococcus faecium : il s’agit d’une nouvelle enzyme impliquée dans la formation de la paroi bactérienne, insensible aux bêta-lactamines et aux glycopeptides.
Les chercheurs se concentrent à présent sur cette enzyme particulière pour mieux la caractériser, identifier les molécules avec lesquelles elle interagit, et définir ses modes d’action. Ceci dans l’objectif de mettre en évidence des points faibles qui constitueront des cibles potentielles pour le développement d’antibiotiques innovants.
L’enjeu est important car le nouveau mécanisme de résistance aux antibiotiques pourrait émerger chez d’autres bactéries pathogènes pour l’homme et aggraver le problème déjà inquiétant de la résistance bactérienne.
*Laboratoire de recherche moléculaire sur les antibiotiquesCentre de Recherche des Cordeliers,
UMRS 872 – Pôle 4 - Equipe 12 (Inserm U655-Université Paris 6)