
La désynchronisation des rythmes circadiens, tels que le rythme veille/sommeil ou les rythmes hormonaux, accompagne un grand nombre de troubles de l’humeur, dont la dépression. Aussi, l’amélioration de la synchronisation des rythmes biologiques pourrait avoir un effet bénéfique sur les épisodes dépressifs. La mélatonine – hormone centrale des rythmes biologiques dont la production n’a lieu que dans l’obscurité- est une cible à l’étude. Son augmentation est responsable de la dépression saisonnière, qui touche 3 à 6% de la population en période hivernale.
La mélatonine exerce ses effets en se fixant sur des sites spécifiques à la surface des neurones, les récepteurs MT1 et MT2, dont l’activité semble en partie contrôlée par la molécule GPR50. Les personnes présentant une mutation particulière du gène codant GPR50 ont une prédisposition aux dépressions majeures. Les fonctions de GPR50, qui restent à déterminer, pourraient donc expliquer le lien observé entre excès de mélatonine et épisodes dépressifs. Cette hypothèse est étudiée par l’équipe du Dr Ralf Jockers*. Si elle se confirme, on pourrait envisager d’agir sur la molécule GPR50 à des fins thérapeutiques.
Les chercheurs étudient également le mécanisme d’action original de l’agomélatine, un nouvel anti-dépresseur qui ne présente pas les effets secondaires habituellement liés à ce type de médicament. Ce composé cible trois types de récepteurs, les récepteurs 5-HT2c, MT1 et MT2. L’identification du rôle de chacun d’entre eux dans l’action antidépressive de l’agomélatine pourrait faciliter le développement d’une seconde génération de cette famille de médicaments.
*Institut Cochin, département de biologie cellulaireInserm, CNRS, Université Paris Descartes