
Chez 5 % des femmes atteintes par un cancer du sein, la survenue de ce cancer est liée à des anomalies touchant le plus souvent une des copies du gène BRCA1 ou du gène BRCA2, dont la fonction normale est de s’opposer au développement d’une tumeur (gènes suppresseurs de tumeur). Cependant, il apparaît que le risque de survenue d’un cancer du sein n’est pas le même chez toutes les femmes porteuses d’une anomalie de ces gènes et le type d’anomalies touchant ces gènes sont elles mêmes très diverses.
Sophie Hassid qui a réalisé sa thèse sous la direction de Nadine Andrieu à l’Institut Curie a analysé les facteurs de variation du risque de survenue d’un cancer du sein ou de l’ovaire dans des familles où plusieurs femmes étaient touchées.
Plusieurs éléments semblent influer sur ce risque:
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l’identité du gène anormal : les anomalies sur BRCA1 entraînent un peu moins de risque de cancer du sein (42 % versus 50 %), mais plus de risque de cancer de l’ovaire (7 % versus 1 %) que les anomalies touchant BRCA2.
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le nombre de cas dans la famille : le risque est plus important lorsque ce chiffre est supérieur à 4
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les caractéristiques des mutations retrouvées : le risque est moindre lorsque l’anomalie génétique entraîne un simple changement d’acide aminé au sein de la protéine; il est majoré lorsque l’anomalie induit la formation d’une protéine tronquée. Dans le premier cas, il est probable que la protéine garde une partie de sa fonction de suppresseur de tumeur, alors que dans le deuxième cas, cette fonction est perdue.
Il n’en reste pas moins que
des facteurs environnementaux semblent moduler l’effet de cette prédisposition génétique et il paraît important de les évaluer également dans les formes familiales.
Ces travaux devraient permettre de mieux préciser les risques de survenue d’un cancer du sein ou de l’ovaire dans les formes familiales. Une évaluation plus précise du risque individuel permettra de prendre les mesures les plus adéquates de prévention pour chacune de ces femmes.
Sophie Hassid a bénéficié d’un financement de 18 372 € pour mener à bien son projet de thèse.