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Cancers du sein et du côlon : les oméga-3 en renfort


03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°100


L’équipe de recherche « Nutrition, croissance et cancer » du CHU de Tours dévoile les vertus insoupçonnées des acides gras oméga-3. Explications du Pr Philippe Bougnoux, directeur de l’équipe. 
 
> Quel est l’intérêt des acides gras oméga-3 dans le traitement du cancer ?
Les acides gras oméga-3, présents en grande quantité dans les produits de la mer, permettraient de rendre certaines tumeurs plus sensibles à la radiothérapie et à la chimiothérapie. Chez le rat, une alimentation enrichie d’un de ces oméga-3, l’acide docosahexaénoïque (DHA)*, permet de réduire les tumeurs mammaires avec une meilleure efficacité.

 
> Obtient-on le même effet chez l’homme ?
Nous n’en sommes pas encore sûrs. Mais grâce à un essai réalisé chez 25 patientes atteintes d’un cancer du sein métastasé, nous savons que l’apport de DHA est possible pendant la chimiothérapie et à quelle dose il doit être utilisé**. Pour connaître son efficacité, il faudra attendre les conclusions d’un autre essai en cours d’élaboration. En revanche, l’étude de l’effet du DHA sur la sensibilité des tumeurs mammaires à la radiothérapie est plus avancée. Les premiers résultats devraient être connus d’ici deux ans. Nous prévoyons également de lancer un essai en septembre 2004 auprès de 50 patients atteints d’un cancer du rectum.

 
> Pourquoi le cancer du rectum ?
C’est la seule tumeur qui nous permet de vérifier notre concept, car c’est la seule traitée par radiothérapie avant d’être retirée chirurgicalement. L’irradier avant de l’ôter augmente en effet la probabilité de guérison.

 
> Comment l’essai va-t-il se dérouler ?
Les patients recevront une supplémentation en oméga-3 dès le diagnostic et jusqu’à la fin des séances de radiothérapie. Chacun recevra 12 gélules par jour, permettant d’apporter une quantité de DHA impossible à atteindre par la seule alimentation. Nous comparerons ensuite, lors de la chirurgie, la régression tumorale obtenue, avec ou sans DHA. Cet essai sera mené dans les centres de Tours et de Nantes et piloté par le Pr Gilles Calais, cancérologue radiothérapeute au CHU de Tours.
■ Source : International Journal of cancer, 10 avril 2004

 
 
*DHA, à ne pas confondre avec DHEA, hormone surrénale utilisée dans la prévention du vieillissement.
**La mise au point de tout nouveau traitement nécessite de vérifier au préalable l’absence de toxicité et d’effets secondaires néfastes dans le cadre d’essais de recherche clinique.  

 
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LE DON UTILE 
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21 800 euros
C’est le financement apporté par la Fondation au laboratoire du Pr Bougnoux depuis trois ans.
5 000 euros ont été récoltés par InterLoire (viticulteurs et négociants du Val-de-Loire).
 

 
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