Pourquoi ? Principalement parce qu’il faut prendre en charge la maladie avant qu’elle n’ait provoqué des
métastases, ces cancers secondaires qui se développent dans d’autres organes, à distance de la tumeur initiale, et qui compromettent fortement le pronostic vital.
Lorsqu’une tumeur se développe, elle crée autour d’elle un environnement favorable à sa croissance. Dès qu’elle manque de nutriments et d’oxygène, elle provoque la sécrétion de substances appelées
facteurs de croissance qui stimulent la fabrication de vaisseaux pathologiques à partir du système circulatoire général : des vaisseaux sanguins mais aussi des vaisseaux lymphatiques, un système circulatoire qui draine l’organisme et assure notamment la circulation des
globules blancs. La tumeur peut ainsi s’alimenter en nutriments et en oxygène pour croître, les cellules cancéreuses pouvant aussi emprunter ce réseau pour quitter la tumeur et aller former des
métastases dans d’autres parties du corps.
Des chercheurs se consacrent donc depuis plus de vingt ans à l’étude de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, appelée néoangiogenèse, et à la mise au point de molécules empêchant la sécrétion de
facteurs de croissance par la tumeur. Des traitements inhibiteurs de cette néoangiogenèse existent déjà mais donnent des résultats insuffisants.
Bénéficiant des récentes connaissances sur les cellules lymphatiques qui permettent de mieux les différencier des cellules vasculaires,
Barbara Garmy-Susini s’intéresse plus particulièrement à la formation de vaisseaux lymphatiques dans les tumeurs. En effet, les cellules cancéreuses utilisent préférentiellement ce système lymphatique pour se déplacer car les parois de ces vaisseaux présentent de petites brèches qui facilitent leur passage.
Au sein de l’équipe Inserm « Régulation de la traduction et thérapie génique de pathologies vasculaires et tumorales » dirigée par Anne-Catherine Prats, la jeune chercheuse étudie plus précisément le rôle du manque d’oxygène, ou hypoxie, dans ce phénomène. Elle vise à déterminer comment ce manque entraîne la sécrétion de
facteurs de croissance et quels sont les facteurs de croissance spécifiques en jeu. Son objectif est d’établir de nouvelles « cibles thérapeutiques » permettant de bloquer la formation des nouveaux vaisseaux (ou néovaisseaux) lymphatiques et ainsi l’échappement des cellules cancéreuses et le développement de métastases.
Un nouveau pas vers l’augmentation des chances de survie aux
maladies cancéreuses…
> Article extrait de
Recherche & Santé n°121, janvier 2010.

(1) Chiffres Institut National de Veille Sanitaire (INVS)