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Cancer : traiter en stimulant le système immunitaire

09/03/2009
L’immunothérapie a déjà révolutionné la prise en charge de certaines maladies de l’immunité.
Et cette approche promet de nombreuses autres applications, notamment dans le domaine du cancer.

Jérome Galon - Immunologie et Cancer On l’appelle le système immunitaire. Son rôle ?
Défendre notre organisme contre les agressions. Aujourd’hui, la recherche développe des stratégies thérapeutiques innovantes pour le stimuler. C’est l’immunothérapie. Consciente de l’extraordinaire potentiel de cette discipline, la Fondation pour la Recherche Médicale a décidé de lancer, en 2008, un grand programme « Nouvelles approches en immunothérapie », doté d’une enveloppe de trois millions d’euros, afin de soutenir des projets de recherche dans ce domaine.



Des anticorps médicaments


L’immunothérapie est un domaine de la recherche médicale qui a déjà fait ses preuves. Son premier grand succès thérapeutique est venu, en 1980, de la mise au point de l’OKT3, un anticorps monoclonal utilisé chez l’homme contre le rejet de greffe. Les anticorps sont des molécules produites par notre organisme qui reconnaissent les éléments étrangers et les détruisent. Grâce à la biotechnologie, il est aujourd’hui possible de fabriquer en masse un anticorps spécifique capable de reconnaître une cible unique et agissant avec une très grande précision sur cette cible. « Cette possibilité a révolutionné le traitement de maladies du système immunitaire telles que la polyarthrite rhumatoïde ou la maladie de Crohn », souligne le Pr Martine Aiach , pharmacien-biologiste et présidente du Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale. Et leur utilisation ne s’arrête pas là. Comme le précise la spécialiste, « la capacité de ces anticorps est également mise à profit aujourd’hui dans le traitement des cancers tels que certains lymphomes ou leucémies, le cancer du sein ou du côlon. »



Les promesses de la recherche fondamentale


Et une autre piste est aujourd’hui explorée. Il s’agit d’une approche dite d’immunothérapie active, qui cherche à « apprendre » au patient à se défendre lui-même contre sa maladie. Des dizaines d’études sont ainsi en cours afin de trouver le moyen de doper un type particulier de cellules, les cellules dendritiques, dont le rôle est d’activer les autres cellules du système immunitaire contre une cible précise (cellule tumorale, pathogène…). Cette stratégie, dont les premiers résultats sont très encourageants, représente un défi majeur de la recherche en cancérologie, car elle pourrait être appliquée à tous les cancers. Toutefois, « la modification du fonctionnement du système immunitaire, même si elle peut conduire à des résultats très bénéfiques, peut avoir aussi, parfois, des effets adverses sévères », explique Martine Aiach. C’est pourquoi, seule une connaissance fine des mécanismes en jeu, s’appuyant sur les travaux de recherche fondamentale, permettra de lever ces obstacles.

   
Jérôme Galon
 
 


Vos dons en cancer Jérôme Galon
Directeur de l’équipe Avenir « Immunologie et cancérologie intégrative », Inserm U872, Centre de recherche des Cordeliers, Paris.
Prix Rose-Lamarca 2008 de la Fondation pour la Recherche Médicale.
La Fondation pour la Recherche Médicale a lancé en 2008 le programme « Nouvelles approches en immunothérapie » pour donner un coup d'accélérateur à ce domaine très prometteur.

 
       


> Article extrait de Recherche & Santé n°115, juillet 2008.

 
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