
On a longtemps cru que les défenses de notre organisme étaient capables de reconnaître et d’éliminer les cellules cancéreuses dès leur apparition, et que c’était seulement dans un deuxième temps, quand les cellules tumorales échappaient à cette « immunosurveillance » que la tumeur se développait.
Des chercheurs français viennent de renverser ce postulat : dans un premier temps, notre système immunitaire reconnaît bien les cellules tumorales mais au lieu de les détruire, il les protège !
Comment cela a-t-il pu échapper jusqu’ici à la vigilance des chercheurs ? En fait, les études sur les interactions entre
cancer et immunité portent en général sur les stades avancés du
cancer. L’équipe de David Klatzmann s’est intéressée aux cellules tumorales dans les tout premiers jours de leur apparition.
Sur des modèles animaux, ils ont observé que ces nouvelles cellules déclenchent immédiatement la réaction des lymphocytes T régulateurs, des cellules de notre immunité chargées de protéger notre organisme contre nos propres défenses.
Or, les premières cellules cancéreuses auraient encore trop de similitudes avec les cellules normales pour être considérées comme étrangères, donc à détruire.
Contrôler ces lymphocytes T régulateurs constitue ainsi une piste prometteuse pour une nouvelle stratégie de traitement précoce contre le
cancer, voire de vaccination préventive. Les travaux de recherche vont donc se poursuivre dans cette voie.
Source : Journal of Clinical Investigation, août 2009.
> Article extrait de
Recherche & Santé n° 121, janvier 2010.