
Quand des cellules cancéreuses quittent la tumeur d’origine et vont coloniser d’autres organes, formant des cancers secondaires appelées métastases, cela rend le traitement bien plus difficile. C’est pourquoi de nombreux laboratoires travaillent pour comprendre ces mécanismes, afin d’empêcher la dissémination des cancers. C’est le cas de l’équipe CNRS de Philippe Chavrier à l’Institut Curie. Ces chercheurs ont découvert les « clés » utilisées par certaines cellules de cancer du sein pour ouvrir la barrière membranaire qui les isole dans la glande mammaire.
Un processus en trois étapes
Tout d’abord, les cellules forment des excroissances, sortes de pieds avec lesquels elles s’ancrent sur la membrane. Tout un système de transport est alors mis en place à l’intérieur de la cellule, pour amener au point d’ancrage les enzymes capables de digérer cette membrane. Dernière étape, les cellules libèrent ces « protéines de forage » qui vont percer la membrane, ouvrant un passage par lequel les cellules s’échappent. Libres de leurs mouvements, elles peuvent alors gagner d’autres organes et y former des métastases. Le plus souvent, elles colonisent les ganglions lymphatiques sous l’aisselle, mais elles peuvent aussi s’installer plus loin dans le foie, les os ou le cerveau. Les cancers du sein sont les plus fréquents chez les femmes. Ils touchent plus de 41 000 nouvelles patientes par an en France. La plupart de ces tumeurs se soignent bien aujourd’hui. La survie des patientes 5 ans après le diagnostic avoisine les 80 % en France. Cependant, les cancers diagnostiqués tardivement, ou qui ont formé des métastases restent problématiques. Ces travaux de recherche devraient donc permettre d’identifier les cellules tumorales à fort pouvoir invasif, et d’imaginer de nouveaux traitements pour contrer ces invasions.
Source : Journal of Cell Biology, juin 2008.
> Article extrait de Recherche & Santé n°117, janvier 2009.