 [D'après Recherche & Santé n° 106] Pour limiter les récidives de cancer du sein et faire chuter la mortalité, la médecine bute encore trop souvent sur l’obstacle des métastases. Mais de nombreux programmes de recherche se développent actuellement pour comprendre les mécanismes à l’origine de ces « cancers secondaires ». Aujourd’hui, en France, les femmes touchées par un cancer du sein bénéficient de techniques et de médicaments de plus en plus performants pour combattre la maladie.
UN ARSENAL THÉRAPEUTIQUE ENCORE INSUFFISANT La principale arme reste la chirurgie, souvent suivie d’un traitement par radiothérapie pour détruire les cellules tumorales résiduelles et réduire ainsi considérablement le risque de récidives. Pour compléter ce dispositif, il existe également des médicaments dits anti-hormonaux (qui ont pour but de limiter la progression d’une majorité des cancers du sein sensibles aux hormones), ainsi que de nouvelles molécules de chimiothérapie. Malgré cela, la guerre contre le cancer du sein est loin d’être gagnée. Selon les chiffres du ministère de la Santé, près de 11 000 femmes décèdent encore chaque année de ce cancer. C’est la première cause de mortalité par cancer chez la femme. « La plupart des patientes ne décèdent pas de la tumeur primaire, mais du fait des métastases, souligne le chercheur Ali Badache, de l’Institut de cancérologie de Marseille. En effet, des cellules tumorales quittent la tumeur primaire et passent dans la circulation sanguine. Elles sont capables de surmonter de multiples obstacles, de survivre à des situations hostiles pour coloniser des organes vitaux comme le foie, le cerveau, les os, les poumons… » BARRER LA ROUTE AUX CELLULES MIGRANTES Les scientifiques veulent donc stopper les métastases dans leur progression. Mais la tâche n’est pas aisée. Si on parle communément « du » cancer du sein, cette dénomination regroupe en fait plusieurs sous-familles de maladies bien distinctes du point de vue des anomalies moléculaires. Les chercheurs doivent donc les mettre en évidence et disséquer pour chacune les processus de formation des métastases. Objectif : trouver leur point faible qui pourra devenir une cible thérapeutique. Des équipes de recherche clinique et de recherche fondamentale collaborent déjà dans cette voie avec de premiers résultats prometteurs. « Maintenant, il faut que les travaux de recherche se multiplient pour caractériser tous les sous-types de cancers du sein. L’objectif est réellement de proposer dans l’avenir ce que l’on appelle des thérapies ciblées, c’est-à-dire des traitements “sur mesure” pour chaque type de tumeur », conclut Ali Badache.
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