
Notons que ces bisphosphonates, connus pour combattre l’ostéoporose (dégradation excessive de l’os entraînant un risque de fracture), sont déjà utilisés chez des patientes atteintes d’un cancer du sein qui s’est propagé à l’os, pour limiter les risques de fracture associés aux métastases osseuses. Leur action anticancéreuse avait toutefois été mise en évidence sur des cultures de cellules : les bisphosphonates poussent les cellules tumorales au «suicide », les empêchant de se fixer à la matrice osseuse et les privant de l’apport d’oxygène des vaisseaux sanguins. Seul problème : les doses très élevées qui sont nécessaires pour obtenir ces effets anticancéreux entraînent de graves complications rénales, ce qui interdit leur utilisation dans ce contexte chez l’homme. Pour savoir si des doses moins importantes pourraient aussi s’opposer aux métastases osseuses, les chercheurs de l’Inserm ont donc testé différentes posologies chez le rongeur. Résultat : une administration journalière à faible dose s’est révélée suffisante pour réduire la taille des métastases osseuses de 88 %. Il faut maintenant passer aux essais chez l’homme…■

Source : Journal of National Cancer Institute, février 2007