Les chercheurs ont montré que les effets à long terme des traitements conventionnels des
cancers pourraient être liés à l’efficacité de la stimulation de la réponse immunitaire qui se déclenche contre des cellules cancéreuses mourantes et qui permet d’éliminer les cellules cancéreuses résiduelles.
La chimiothérapie, de même que les radiations ionisantes, détruit un grand nombre de cellules cancéreuses. Les cellules mourantes émettent alors des « signaux de détresse » qui sont perçus par les cellules sentinelles du système immunitaire, les cellules dendritiques. Celles ci sont alors capables d’alerter et d’activer une population particulière de globules blancs, les lymphocytes T CD8, qui vont s’attaquer aux cellules cancéreuses résiduelles.
Quel est ce signal de détresse et comment est-il perçu ? C’est l’objet de la publication de ces chercheurs dans une revue internationale en 2009, qui a été résumée dans « Cancer Research 2010 ».
Ils montrent que les cellules cancéreuses mourantes libèrent de l’ATP (un composé de stockage de l’énergie cellulaire), qui se fixe sur une molécule de la surface des cellules dendritiques (le récepteur P2X7). La transmission de ce signal, qui implique une cascade complexe de réactions, déclenche ensuite la réponse anti tumorale effectuée par les lymphocytes T CD8.
Les chercheurs ont montré l’importance de cette action complémentaire du système immunitaire en analysant les récepteurs P2X7 chez des patientes atteintes de
cancer du sein. Ils ont observé que chez celles dont le système de reconnaissance était altéré (présence d’une anomalie du récepteur P2X7 qui diminue le signal via l’ATP), les rechutes après un traitement de chimiothérapie étaient plus précoces.
Ces données, qui sont d’une grande importance dans le suivi des malades, ouvrent la voie de recherches sur de nouvelles stratégies thérapeutiques pour améliorer les résultats des traitements conventionnels.
Source :
Tumor cell death and ATP release prime dendritic cells and efficient anticancer immunity.
Aymeric L, Apetoh L, Ghiringhelli F, Tesniere A, Martins I, Kroemer G, Smyth MJ, Zitvogel L.
Cancer Res. 2010 Feb 1;70(3):855-8.
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| | Ce projet a bénéficié d’un soutien de la Fondation pour la Recherche Médicale qui lui a accordé en 2008 une subvention de 500 000 €.
Les résultats sur ce projet ont déjà fait l’objet de plus de 15 articles originaux dans les plus grands journaux internationaux.
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