Le rôle du système immunitaire est de défendre notre organisme contre toutes les agressions (infections, cancers, etc.). Il a longtemps été considéré comme impuissant face au
cancer. Or même si le système immunitaire peut se laisser déborder, ne repérant pas toujours à temps l’apparition d’une cellule cancéreuse pour l’éliminer, on constate aujourd’hui que, dans la plupart des cas, il n’a pas abandonné la lutte contre le
cancer. En effet, la qualité de ses lignes de défense est un des éléments pronostique majeur de l’issue de la bataille.
Franck Pagès et
Jérôme Galon viennent en effet de faire une découverte d’importance chez des patients atteints de cancer colorectal, troisième
cancer le plus fréquent (après le sein et la prostate), avec 39 000 nouveaux cas par an et 17 000 décès liés au
cancer. L’abondance de certaines cellules immunitaires, des lymphocytes T, à un stade précoce du
cancer est synonyme d’un faible risque de récidive et de grandes chances de guérison. La mesure du taux de lymphocytes T chez les malades pourrait donc permettre de déterminer précocement l’agressivité de leur
cancer et de leur offrir une prise en charge adaptée.
Par ailleurs, chez certains patients, des lymphocytes T pourraient conserver une activité antitumorale jusqu’à 15 ans après un
cancer. La stimulation de la réponse immunitaire, appelée immunothérapie, représente donc une stratégie thérapeutique de choix pour empêcher les récidives.