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Anorexie mentale : un espoir de traitement médicamenteux


27/12/2010

L’anorexie mentale touche 1 à 2 % des adolescentes. C’est une maladie grave d’évolution chronique et dont le pronostic est souvent sombre avec une mortalité estimée à 10 %. Cette conduite est souvent déclenchée par le stress. Quels sont les mécanismes en jeu dans le cerveau ?


Chez les patients anorexiques, tout se passe comme si le cerveau envoyait en permanence des messages de satiété, alors que le corps reçoit une alimentation très insuffisante par rapport à ses besoins énergétiques. Pour comprendre comment le cerveau inhibe l’appétit en dépit d’un besoin énergétique, le groupe de Valérie Compan à Montpellier étudie les mécanismes cérébraux induits par le stress et l’une des drogues d’abus la plus consommée par les adolescents en Europe également connue pour inhiber l’appétit : l’ecstasie.

Comme dans la plupart des maladies psychiatriques, l’anorexie semble associée à un dysfonctionnement de certains neurotransmetteurs, les molécules qui permettent le transfert d’information entre les neurones. Des études ont montré que la sérotonine, un des principaux neurotransmetteurs, jouait un rôle important dans le contrôle de l’alimentation. Par ailleurs, le groupe de Valérie Compan a montré que le récepteur de la sérotonine participe à l’influence du stress et de l’ecstasy sur l’anorexie.

Afin d’élucider le rôle de la sérotonine dans l’anorexie, les chercheurs ont utilisé un modèle animal dans lequel ils peuvent moduler sélectivement les effets de la sérotonine dans les différentes régions du cerveau. Ils ont particulièrement analysé les mécanismes neurophysiologiques qui expliquent l’anorexie induite par le stress et par la prise d’ectasie, dont la consommation est d’ailleurs majorée par le stress.

En utilisant différentes conditions expérimentales, les chercheurs ont montré que les effets anorexigènes de la sérotonine impliquaient à la fois les aires cérébrales « de récompense » au niveau du noyau accumbens et les aires « de décision » au niveau du cortex préfrontal.

La caractérisation des mécanismes moléculaires de contrôle de la satiété au niveau du cerveau pourrait permettre d’envisager un traitement pharmacologique pour une pathologie envers laquelle les médecins restent souvent démunis.

   

 
 

Vos dons en psychiatrie Ce projet de recherche a été sélectionné par le Conseil Scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale qui lui a accordé une subvention de 15 600 € permettant à Alexandra Jean de terminer sa thèse sur cette thématique.

 
       




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