 [D'après Recherche & Santé n°98, avril 2004] Caractériser avec précision la nature des gliomes est capital pour traiter ces tumeurs cérébrales. La Fondation pour la Recherche Médicale a donc privilégié deux grandes voies de recherche dans ce domaine, qui consistent à affiner le diagnostic et à mettre au point des traitements mieux ciblés. Bien que les tumeurs du cerveau soient relativement rares – elles représentent environ 2% des cancers –, elles n’en constituent pas moins une cause importante de souffrance et de mortalité. Parmi elles, les gliomes tiennent le haut du tableau. Il s’agit de tumeurs liées à la prolifération des cellules qui entourent les neurones, les cellules gliales. On dénombre 4000 à 5000 nouveaux cas chaque année en France. La majorité d’entre eux sont d’emblée cancéreux, et ceux qui ne le sont pas le deviennent souvent après quelques années. Leur gravité tient au fait qu’ils grossissent progressivement et compriment le cerveau. En revanche, même lorsqu’elles sont cancéreuses, ces tumeurs ne donnent pas de métastases. > Des tumeurs très différentes
Leur grande hétérogénéité rend pour le moment leur prise en charge difficile. Sous le terme de gliome se cachent en effet divers types de tumeurs atteignant tantôt l’enfant (gliome du cervelet, astrocytome…), tantôt l’adulte âgé (glioblastome), et leurs manifestations vont des troubles de l’équilibre à la crise d’épilepsie, des maux de tête aux perturbations du langage. Qui plus est, leur gravité est très variable. Certaines tumeurs se développent très rapidement et sont fatales en quelques mois. D’autres grossissent lentement, sur plusieurs années. > Des traitements ciblés On classe ainsi les gliomes en quatre catégories selon leur degré de malignité, du grade 1, le plus bénin, au grade 4, les glioblastomes, au pronostic redoutable. Pour les deux premiers stades, la guérison est possible, à condition que la tumeur puisse être enlevée en totalité par la chirurgie ou détruite par des médicaments anticancéreux ou par une radiothérapie. Parfois, cependant, on préfère ne pas opérer pour éviter de laisser des séquelles. Selon le type de cellules dont ils dérivent, certains gliomes seront sensibles aux médicaments anticancéreux, d’autres pas ou peu. Diagnostiquer précisément la nature de la tumeur revêt donc une importance décisive. En pratique, avant de définir le traitement, un petit fragment de tumeur est prélevé par biopsie, puis examiné. De la qualité de ces biopsies et de l’exactitude du diagnostic porté découlent les chances de succès thérapeutique. L’équipe du Pr Xavier Leclerc, à Lille, est l’une des équipes de recherche soutenues par la Fondation qui travaillent pour affiner ce diagnostic. Quant à l’équipe du Pr Jean-Pierre Benoit, à Angers, elle espère améliorer le pronostic des gliomes les plus graves, les glioblastomes, en les rendant sensibles aux médicaments anticancéreux (encadré ci-contre). L’enjeu est immense pour les malades qui en sont atteints (un gliome sur deux est un glioblastome) car, actuellement, leur espérance de vie ne dépasse pas un an.
|