Les
neurones ont longtemps été considérés comme les seules cellules participant à la transmission de l’information, les seuls acteurs de nos moindres faits et gestes. Les
cellules gliales, qui représentent près de
90 % des cellules du cerveau chez l’homme, sont longtemps restées cantonnées à un rôle de soutien des
neurones. Il est aujourd’hui établi qu’elles interagissent avec les neurones afin d’assurer des fonctions fondamentales dans le cerveau.

En 2006,
Stéphane Oliet et son équipe montraient que la transmission de l’information se faisait via une
synapse tripartite, composée de trois éléments : un neurone émetteur d’où provient l’information, un neurone récepteur qui intègre cette information et un astrocyte (un type de cellules gliales) qui favorise la transmission du signal.
L’existence de cette
synapse tripartite avait été démontrée dans une région du cerveau appelée hypothalamus, qui intervient dans le sommeil, la faim, la soif, l’activité sexuelle et les émotions. Les chercheurs montrent aujourd’hui sa présence dans une autre région du cerveau : l’hippocampe, directement impliquée dans la mémoire et l’apprentissage. Ils révèlent également que la libération de la D-sérine – une substance qui favorise la communication neuronale – par la
cellule gliale dépendrait de la concentration en calcium de cette cellule.
Ces découvertes font des
cellules gliales et de la D-sérine de nouvelles cibles thérapeutiques ; elles pourraient aboutir à terme au développement de nouveaux traitements pour des pathologies neuronales et psychiatriques, comme la schizophrénie ou la maladie d’Alzheimer, dans lesquelles apparaissent des troubles de la communication entre
neurones.
Ces travaux sont parus dans la revue Nature datée du 14 janvier 2010. 
* Unité Inserm 862 « physiopathologie de la plasticité neuronale »
Université Victor Segalen Bordeaux 2 / Neurocentre Magendie