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Affamer les tumeurs


03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°96


Pour grossir, une tumeur cancéreuse a besoin d’être irriguée. En bloquant le processus de formation de nouveaux vaisseaux sanguins, ou angiogénèse, on espère stopper le développement des tumeurs.
 
Maître de conférences en hématologie à la faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry, Véronique Picard étudie depuis des années une protéine prometteuse, l’antithrombine. «Lors de la coagulation, elle empêche la formation de caillots. La publication de travaux décrivant un effet inhibiteur, jusqu’alors inconnu, de l’antithrombine sur l’angiogénèse m’a convaincue d’orienter mon travail vers ce sujet», explique Véronique Picard. Elle a donc créé une nouvelle équipe pour étudier cette capacité de l’antithrombine à bloquer la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, et la Fondation Recherche Médicale lui a donné les moyens d’équiper son laboratoire. L’action de l’antithrombine a été étudiée sur des cultures de cellules vasculaires (constituant la paroi des vaisseaux). «Elle semble bloquer la formation de nouveaux vaisseaux en empêchant les cellules de se fixer, ce qui est indispensable à leur survie, poursuit-elle. L’antithrombine active contre l’angiogénèse n’a pas la même forme que celle intervenant dans la coagulation. Nous essayons de mettre au point une méthode qui permettrait de doser spécifiquement la première et d’étudier son rôle naturel dans les tumeurs cancéreuses.» Autre idée, «tester l’activité de l’antithrombine par petits bouts… en espérant que l’un de ces fragments conservera la même activité». Peut-être l’un des futurs médicaments contre le cancer. 
 

 
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