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03/01/2007
D'après Recherche & Santé n°108 L’effet psychoactif et la dépendance provoqués par les drogues, comme les opiacés ou les psychostimulants (amphétamines…), perdurent plusieurs mois après le sevrage. Chez les rongeurs, ces effets se manifestent par une hyperactivité motrice qui augmente avec la répétition des administrations. Jusqu’alors on pensait que ces substances agissaient essentiellement par le biais de neurones communiquant entre eux par la dopamine, un neurotransmetteur connu pour réguler l’humeur, l’attention ou l’activité cognitive. tive. Or, une équipe de l’Inserm au Collège de France dirigée par Jacques Glowinski vient de démontrer que deux autres systèmes de neurones seraient en réalité incriminés : ceux communiquant par la sérotonine et ceux utilisant la noradrénaline. Ces données mettent en évidence pour la première fois les éléments neuronaux qui subissent une modification à long terme lors de la prise répétée de drogues, expliquant ainsi la dépendance et le risque de rechute des toxicomanes. En effet, chez une personne non consommatrice, les neurones à noradrénaline et à sérotonine se régulent mutuellement et permettent à l’individu d’adopter une réponse adaptée face à une stimulation extérieure. Mais chez une personne qui prend régulièrement une drogue, les deux systèmes ne se régulent plus et sont hyperactifs. Cela expliciterait les réactions exacerbées des toxicomanes face à toute émotion. Le risque de rechute, quant à lui, résulte du fait que l’apport de drogues est alors, pour ces personnes, le seul moyen de rétablir temporairement l’équilibre et de rendre cette hyperréactivité supportable. Au-delà des toxicomanies, ce mécanisme serait également impliqué dans la dépendance à certains médicaments psychoactifs ou à l’alcool et dans les situations de stress chronique pouvant être à l’origine de pathologies mentales. Source : PNAS, mai 2006 ----------------------------- LE DON UTILE ----------------------------- 7500 euros Le laboratoire de Jacques Glowinski au Collège de France a bénéficié d’une aide de la Fondation en 2004 pour soutenir un jeune chercheur travaillant sur l’effet de drogues dans différents troubles du comportement. |