« Il y a certes des
neurones dans notre cerveau, et beaucoup de neurones : 100 milliards ! Mais il y a aussi des “
cellules gliales ”, qui sont même cinq à dix fois plus nombreuses. On a longtemps cru qu’elles n’étaient là que pour “remplir le vide”, servir de support physique et métabolique aux
neurones.
Depuis quelques années, elles font cependant l’objet de plus en plus d’attention. Mes travaux consistent à les “ faire parler ”. Ils ont déjà permis de mettre en évidence que les
cellules gliales jouent un rôle majeur dans la transmission et le stockage de l’information dans certaines zones du cerveau. Ces résultats ont contribué à l’émergence d’un nouveau concept des neurosciences modernes : la “synapse tripartite”.
C’est-à-dire que la communication dans le cerveau ne fait pas intervenir seulement un
neurone qui émet un message, et un autre qui le reçoit, mais aussi la
cellule gliale qui produit des facteurs comme la D-sérine, indispensable au bon fonctionnement de récepteurs essentiels pour notre cerveau.
Avec mon équipe, nous nous attelons aujourd’hui à démontrer si cela est vrai dans toutes les régions du cerveau, grâce à l’
aide de la Fondation. Des
recherches dont on attend beaucoup, car leurs résultats pourraient bénéficier à de nombreux patients : personnes atteintes de la maladie d’
Alzheimer, de Parkinson, schizophrènes… »
> Article extrait de
Recherche & Santé n° spécial, août 2009.