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La dépression : un nouveau médicament


04/05/2009
Interview de Ralph Jockers , chercheur au département de biologie cellulaire de l'Institut Cochin, Unité Inserm U567,  CNRS 8104, université René-Descartes à Paris.

Quel est l’objet de vos études ?


Nous nous intéressons à la mélatonine, une hormone sécrétée par une glande du cerveau (la glande pinéale). La sécrétion de la mélatonine est régulée par le rythme circadien, c’est-à-dire l’alternance jour/nuit. Ainsi, la mélatonine n’est libérée que la nuit. En fait, ce rythme n’est pas exactement de 24 heures. C’est pourquoi, chaque jour, des facteurs interviennent dans le but de le régler.
La lumière est l’un de ces facteurs.


Comment ces données sont-elles exploitées dans le champ de la dépression ?


Beaucoup de personnes dépressives présentent une désorganisation des rythmes circadiens ainsi que des difficultés pour trouver le bon sommeil au bon moment. Or, la mélatonine facilite l’endormissement et permet de synchroniser le rythme veille/sommeil.

D’où l’idée de recourir, en tant que médicament, à un dérivé chimique qui a les mêmes effets que la mélatonine, pour traiter les sujets dépressifs : l’agomélatine.


Quels sont les avantages de l’agomélatine ?


La mélatonine a été testée comme médicament antidépresseur. Bien que ce traitement améliore les troubles du sommeil, son effet antidépresseur n’a pas été totalement convaincant.

En ce qui concerne l’agomélatine, elle est plus stable que la mélatonine qui se dégrade très vite dans le sang.

De plus, cette nouvelle molécule présente l’avantage majeur de combiner à la fois une action au niveau de la mélatonine mais aussi de la sérotonine. Avec l’agomélatine, on obtient ainsi le résultat souhaité contre la dépression sans les effets indésirables de bon nombre d’antidépresseurs sur le sommeil. Notre équipe essaie maintenant de comprendre les relations entre la mélatonine et la sérotonine. Ces recherches impliquent en particulier d’expliquer au niveau moléculaire le mode d’action original de l’agomélatine.


Où en sont les essais sur ce candidat-médicament ?


Ils sont vraiment bien avancés. Plusieurs études cliniques concluantes ont déjà été menées chez l’homme. Actuellement, l’Agence européenne du médicament étudie le dossier de l’agomélatine.



> Article extrait de Recherche & Santé n°116, octobre 2008.
 

 
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