Don en ligne - don par courrier - dons par prélèvement automatique

Vous êtes ici : Accueil Nos dossiers Pathologies Fiche santé



Immunologie et cancer colorectal


10/03/2009
Jérôme Galon - immunologie et cancerInterview de Jérôme Galon
Directeur de l’Équipe Avenir « Immunologie et Cancérologie Intégrative »
Inserm U872
Centre de recherche des Cordeliers, Paris.

Prix Rose-Lamarca 2008 de la Fondation pour la Recherche Médicale.






Quel est l’objet de vos travaux ?
Nous menons des recherches en immunocancérologie, essentiellement sur les tumeurs de cancer colorectal. Il faut savoir que ce cancer est l’un des plus répandus en France. On recense 30 000 à 37 000 nouveaux cas par an, et 16 000 décès chaque année. Avec mon équipe, nous travaillons à un niveau très fondamental et essayons de comprendre comment évolue la réponse immunitaire de la personne malade contre la tumeur qui se développe.

Sur ce sujet, vous avez déjà publié des résultats dans des revues scientifiques de tout premier ordre. Qu’avez-vous découvert ?
Dans un premier temps, nous avons montré l’importance de la réponse immunitaire aux stades précoces dans la prévention du développement des métastases. Nous avons ainsi mis en évidence le rôle joué par certaines cellules du système immunitaire appelées lymphocytes T effecteurs-mémoires. Ces cellules sont capables de reconnaître et de tuer les cellules tumorales. Mais elles sont également capables de garder en mémoire le souvenir de cette rencontre et de se réactiver de façon très efficace en cas de récidive du cancer. Dans un deuxième temps, nous avons prouvé que l’évaluation de la qualité de la réponse immunitaire au site de la tumeur est bien plus déterminante pour prédire la survie des patients que les caractéristiques de la tumeur elle-même (capacité à envahir l’organe...) prises en compte jusque-là. Aujourd’hui, nous essayons de comprendre pourquoi la réponse immunitaire diffère d’un patient à un autre.

Quelles sont les applications possibles de ces découvertes ?
Le cancer colorectal se soigne par chirurgie via l’ablation de la zone tumorale
(une chimiothérapie peut être proposée en complément quand la tumeur est très avancée et donne des métastases).
Grâce à nos recherches, nous pourrions envisager d’aider à mieux définir les patients à risque de récidive, une fois qu’ils ont été traités par chirurgie. Mais nos travaux ouvrent également des portes dans le domaine de l’immunothérapie pour éviter les récidives grâce aux qualités des lymphocytes T effecteurs-mémoire. Chez certains patients, ces cellules pourraient conserver une activité antitumorale jusqu’à quinze ans après avoir été atteint d’un cancer !

Ces mécanismes sont-ils propres au cancer colorectal ?
Pour répondre à cette question, un travail en collaboration avec des équipes spécialisées dans d’autres cancers est nécessaire. Mais nous avons bon espoir de montrer prochainement que ces cellules immunitaires ont un rôle protecteur dans d’autres types de cancers.

> Article extrait de Recherche & Santé n°115, juillet 2008.
 

 
Recevez la e-lettre d'infos

 


Recherche

Accès direct