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Fibromyalgie : une maladie mieux connue, des patients reconnus


09/07/2007
Douloureuse et invalidante, la fibromyalgie est longtemps restée mal expliquée. Mais, comme le rapporte l’Académie de médecine, l’imagerie cérébrale a permis de progresser dans la compréhension de ce syndrome. 

Fibromyalgie"On a dit que c’était une maladie imaginaire. Nous soutenons au contraire que ce syndrome a une réalité clinique. " Co-auteur du récent rapport sur la fibromyalgie de l’Académie de médecine, le Pr Charles-Joël Menkès, ancien chef de service à l’hôpital Cochin (Paris), sait que ces conclusions vont apporter du baume au coeur des malades.

Qu’y apprend-on ? D’abord que la fibromyalgie, qui touche surtout des femmes de 30 à 50 ans, se caractérise par des douleurs diffuses, une fatigue chronique et des troubles du sommeil. Ensuite, qu’elle ne se traduit par aucune anomalie biologique, et que, mises à part les douleurs, ses symptômes ne sont pas constants. Enfin, qu’on ne peut la définir comme une maladie psychique, bien qu’elle puisse être liée à des symptômes dépressifs, anxieux ou à un état de stress post-traumatique. De fait, les mécanismes physiopathologiques responsables de ce syndrome restent mystérieux. Ces dernières années, les progrès de l’imagerie cérébrale ont cependant conforté l’idée d’une plus grande sensibilité à la douleur : « Quand on pince pareillement un patient atteint de fibromyalgie et un témoin, on voit que chez le premier, il y a bien plus de régions cérébrales activées », rapporte le Pr Menkès. D’autres études laissent supposer un déficit des mécanismes inhibiteurs de la douleur, et l’on a constaté que, dans le liquide baignant le cerveau des malades, le taux d’un messager chimique appelé sérotonine est diminué. Cela permet aussi bien d’expliquer la plus grande sensibilité à la douleur que les problèmes de sommeil, la dépression et d’autres troubles liés à la fibromyalgie, tout en ouvrant la voie à de nouvelles pistes de traitement. Au-delà des classiques antidépresseurs tricycliques (amitriptyline), efficaces à faible dose pour soulager la douleur, on s’oriente ainsi vers de nouvelles substances, des dérivés du Prozac agissant sur plusieurs messagers chimiques (sérotonine, norépinéphrine). Mais, comme le souligne le Pr Menkès : « En pratique, chaque cas est différent, et il faut aussi s’appuyer sur la psychothérapie et les traitements non médicamenteux. » Faites un don en ligne !

Source : Rapport sur la fibromyalgie d’un groupe de travail
de l’Académie nationale de médecine,
coordonné par Charles-Joël Menkès
et Pierre Godeau, janvier 2007.



DES MALADES EN QUETE DE VERITE...
Ce qu’ils veulent ? Qu’on les reconnaisse, qu’on cesse de dire que « tout est dans leur tête ». Car actuellement, les patients atteints de fibromyalgie ne bénéficient d’un arrêt de maladie longue durée que si une dépression est diagnostiquée. « Très motivés et parfois revendicatifs, contrairement aux patients dépressifs, ils sont en quête d’explications et de traitements », souligne le Dr Grégoire Cozon, de l’hôpital de la Croix-Rousse (Lyon), président du conseil scientifique de l’Association française du syndrome de fatigue chronique et de fibromyalgie. Se désespérant du manque de formation des médecins et des disparités de prise en charge qui en découlent, les malades demandent davantage de moyens pour la recherche afin que leur sort s’améliore.

 

 
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