Quel est le pronostic d’un cancer de l’estomac ?Il reste pour l’instant très mauvais. En effet, lorsque ses symptômes se manifestent su

r le plan clinique, généralement chez l’homme autour de 70 ans, il est souvent trop tard : outre l’anémie, les vomissements, voire les complications hémorragiques, des ganglions ou des métastases sont présents. Et en dépit de la chirurgie et de la chimiothérapie, la survie cinq ans après le diagnostic ne dépasse alors pas les 20 %… On sait pourtant depuis plusieurs années qu’il existe un lien entre l’infection par la bactérie
Helicobacter pylori, les gastrites chroniques et la survenue de ce cancer : son dépistage permettrait de l’éradiquer chez toutes les personnes infectées.
Dans quelles proportions cette bactérie augmente-t-elle le risque de cancer ? Le risque est 30 à 40 fois plus élevé chez les personnes porteuses de la bactérie. Cela concerne le cancer gastrique de l’estomac que l’on qualifie de distal : qui atteint la partie de l’estomac où s’effectue l’essentiel du malaxage. Il représente plus de 80 % des cancers gastriques, qui touchent chaque année 9 000 nouvelles personnes en France. Dans la plupart des cas, l’infection par
Helicobacter pylori est contractée durant l’enfance. Et comme les enfants ont fréquemment des petits vomissements et autres manifestations digestives, elle passe inaperçue. L’infection devient alors chronique, provoque une inflammation, et la présence de la bactérie transforme progressivement la muqueuse gastrique jusqu’à déboucher, dans 1 à 3 % des cas, sur un cancer.
Peut-on espérer éradiquer ce type de cancer ? 
Son incidence est en diminution dans nos pays occidentaux, alors qu’elle reste élevée en Afrique et en Asie. Mais la forte association avec
Helicobacter pylori nous offre l’opportunité de la dépister et d’éradiquer, de façon préventive, le cancer gastrique. Si le dépistage systématique de cette bactérie n’est pas envisageable, pour des questions de coût, on peut le pratiquer à chaque fois que l’occasion se présente : par exemple, quand un patient relativement jeune consulte pour des douleurs d’estomac. Ce dépistage est particulièrement recommandé chez tous ceux dont un parent du premier degré a eu un cancer gastrique : l’hérédité peut favoriser une réponse inflammatoire plus importante, et donc un risque encore accru de cancer gastrique. Il existe aujourd’hui toute une panoplie de tests de dépistage, notamment un test respiratoire. En cas de test positif, un traitement associant deux antibiotiques et un antisécrétoire permet de venir à bout de la bactérie. Après quoi, l’inflammation de la muqueuse gastrique cesse en 6 à 24 mois. Quant aux éventuelles lésions, elles persistent, mais leur évolution est définitivement stoppée. ■