L'étiologie de la sclérose en plaques demeure un mystère, depuis la première description clinique de cette affection par Charcot, à la fin du XIXe siècle. Néanmoins, plusieurs hypothèses, pas nécessairement antinomiques, ont été émises sur son ou ses possibles origines.
Les facteurs de risque environnementaux
Les études épidémiologiques ont montré l'existence d'un gradient de répartition de la maladie le long de l'axe Nord / Sud. En effet, l'incidence de la maladie est d'autant plus élevée que l'on s'éloigne de l’Equateur. La recherche d'un facteur de risque environnemental n'a cependant jamais abouti : on n'a jamais pu mettre en cause un agent professionnel, toxique ou alimentaire.
Les facteurs de risques génétiques
Au moins trois observations sont en faveur de l'existence de facteurs de risque génétique :
on observe, pour une même latitude, de grandes variations dans la fréquence de la maladie selon les ethnies : par exemple, les Gitans sont moins touchés que l'ensemble de la population de Hongrie,
la maladie présente 30 % de concordance chez les vrais jumeaux (génétiquement identiques), contre seulement 5 % chez les faux jumeaux (qui ont la moitié des gènes en commun),
la récurrence est plus élevée dans les familles comportant déjà un sujet atteint que dans les familles n'en comportant aucun.
Toutefois, seul un facteur de risque génétique a été identifié à ce jour : un gène du système majeur d'histocompatibilité (le système HLA) dont une forme (l'allèle DR2) semble prédisposer à la sclérose en plaques. Cependant, ce gène ne semble responsable que de 15 à 20 % de la susceptibilité génétique à la sclérose en plaques. D'autres gènes sont certainement en cause ; leur identification fait aujourd'hui l'objet de recherches très actives.
Le rôle du système immunitaire
Nombreux sont les arguments en faveur d'une intervention de la réponse immunitaire dans la sclérose en plaques :
l'inflammation est une des deux composantes des plaques associées à la maladie,
le système HLA est un facteur de risque génétique,
les médicaments qui modulent ou suppriment la réaction immunitaire exercent une action bénéfique,
il existe un modèle animal voisin de la sclérose en plaques : "l'encéphalomyélite allergique auto-immune" (EAE). Pour établir ce modèle, on déclenche chez des rats ou des souris une maladie auto-immune en injectant aux animaux de la myéline. On provoque ainsi des lésions histologiques proches de celles de la sclérose en plaques.
Cependant, si la réponse immunitaire intervient dans la maladie, elle n'explique pas tout. Elle ne constitue qu'un des éléments en cause.
Facteurs viraux
La recherche d'un agent infectieux se poursuit depuis plusieurs années. Récemment, un rétrovirus a été découvert qui pourrait être un des agents possibles de la sclérose en plaques.