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Schizophrénie

Mardi 02 janvier 2007

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Ce dossier a été réalisé en collaboration avec :
- Françoise Casadebaig,
- Nicolas Dantchev,
- Bruno Giros,
- Marc Jeannerot,
- Jean-Luc Martinot.
 
Texte rédigé par Corinne Dupuy
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La schizophrénie est une pathologie qui touche 1 % de la population mondiale, soit 600 000 personnes en France, et pour laquelle on enregistre un taux de suicide 20 fois supérieur à celui de la population générale. Pourtant, et malgré les grands progrès réalisés depuis dix ans grâce à la neurobiologie, la pharmacologie et la génétique, ce véritable problème de santé publique, particulièrement dévastateur pour les jeunes entre 16 et 30 ans, est encore très discuté sur le plan fondamental, psychopathologique et clinique : ses mécanismes complexes restent non élucidés, ses formes multiples peuvent varier d’un individu à l’autre, ses traitements partiels n’améliorent que certains symptômes.
C’est en 1896 que le psychiatre allemand Emil Kraepelin posa les fondations de ce que le Français Bénédicte Augustin Morel avait appelé avant lui la “ démence précoce ”. Kraepelin fut le premier à établir une entité pathologique unique à partir de trois états jusque-là considérés comme distincts :

l’hébéphrénie, marquée par un comportement désorganisé et incongru,
la catatonie, caractérisant une personne alternativement négativiste et immobile, agitée et incohérente, 
la démence paranoïde, dominée par le délire de persécution et de grandeur.
Quelques années plus tard, en 1911, le psychiatre suisse Eugen Bleuler allait consolider ce concept en lui attribuant sa dénomination définitive de “ schizophrénie ” (du grec schizo, “séparé”, et phrên “esprit”) : “ Je nomme la dementia præcox, schizophrénie, parce que la dissociation des fonctions psychiques en est l’une des caractéristiques les plus importantes ”.
Jusqu’à la fin des années 1960, la clinique de la schizophrénie reposait sur des diagnostics dits “ subjectifs ”, placés sous l’égide de deux mouvances :

celle des psychiatres européens, qui l’inscrivaient dans une approche de type psychanalytique, plutôt attachée à identifier l’évolution du trouble,
celle des psychiatres américains qui adoptaient un point de vue plus large, de type symptomatologique, cherchant plutôt à caractériser les déficits spécifiques, point de vue qui les amenait à poser ce diagnostic deux fois plus souvent que leurs confrères européens.
 
Ce n’est que dans le courant des années 1970 que, pour répondre aux exigences de reproductibilité de la recherche, des systèmes internationaux de diagnostic opérationnel standardisés furent mis au point et adoptés. Aujourd’hui, deux classifications internationales dominent :

 le Diagnostic and statistical manual of mental disorders (élaboré par des psychiatres américains et paru au milieu des années 1970, il en est à sa 4e édition : DSM IV),
la Classification internationale des maladies (élaborée par l’organisation mondiale de la santé – OMS - , qui en est à sa 10e édition : CIM 10).
Depuis, ces approches diagnostiques “ objectives ” ont notamment permis de distinguer la psychose maniacodépressive de la schizophrénie. Parallèlement, des échelles d’appréciation des symptômes ont été créées pour homogénéiser le recueil d’informations cliniques.


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