Approches
Aujourd’hui, on sait que la schizophrénie n’est pas une maladie psycho-génique, c’est-à-dire mettant avant tout en jeu des facteurs psycho- ou socio-environnementaux (comme le comportement des parents, des amis, des collègues…), mais une psychose neuro-développementale se manifestant à la fin de la maturation du cerveau et exprimant un déficit de développement du système nerveux central. “ Cette donnée est très importante car elle ouvre la porte à une nouvelle approche de la pathologie fondée sur une classification claire et objective des malades permettant de mettre en oeuvre, comme pour toute recherche portant sur des pathologies cognitives, des approches méthodologiques de type neuropsychologique ”, souligne le Pr Marc Jeannerod, directeur de l’Institut des sciences cognitives de Lyon. Voilà donc qui a de quoi à la fois déculpabiliser les familles et motiver les chercheurs.
La schizophrénie n’est donc pas un trouble généralisé, un trouble motivationnel ou un déficit lié à la tâche, puisqu’on a montré que les patients sont capables de réaliser de bonnes performances sur une grande variété de tâches cognitives complexes. Elle serait une atteinte spécifique d’une fonction cognitive et, plus précisément, des étapes les plus précoces du traitement de l’information. Parmi ces fonctions, l’action, l’attention, le langage et la mémoire sont particulièrement étudiés à partir de tests et de modèles. Pour toutes ces fonctions, les résultats obtenus font globalement apparaître des performances très inférieures des schizophrènes par rapport à une population témoin. Ces résultats suggèrent également que, chez les schizophrènes, les atteintes pourraient provenir d’anomalies intervenant dans un cadre de déficit cognitif large, mettant simultanément en jeu l’ensemble de ces fonctions.