Les bactéries appartiennent au vaste ensemble des microbes qui comprennent également les virus, les champignons et les parasites. Micro-organismes invisibles à l'oeil nu, les bactéries sont constituées d'une seule cellule dépourvue d'un vrai noyau. Elles contiennent un seul chromosome qui se présente sous la forme d'un long filament d'ADN pelotonné sur lui-même. On trouve dans le cytoplasme de petits fragments d'ADN circulaires, les plasmides.
Les bactéries pathogènes pour l'homme sont à l'origine de multiples maladies infectieuses qui, en particulier dans les pays en voie de développement, font encore des ravages. En 1995, les maladies infectieuses ont été responsables d'un tiers (17 millions de personnes) des décès dans le monde. Dans les pays développés, les antibiotiques et les vaccins ont permis de juguler ce qui, jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, demeurait un fléau.
Les antibiotiques sont des substances naturelles produites par des bactéries du sol et certains champignons qui, à faibles concentrations, agissent sur d'autres bactéries sans être toxiques pour l'homme. Pour se protéger de l'action des antibiotiques, ces bactéries ont dû développer des mécanismes de résistance. Les premiers agents antibactériens utilisés chez l'homme ont été des colorants chimiques, les sulfamides, découverts en 1937.
Le premier véritable antibiotique a été découvert en 1928 par Alexander Fleming et introduit en thérapeutique en 1941 ; c'est la célèbre pénicilline G produite par un champignon qui avait contaminé une culture de laboratoire.
Le premier antituberculeux efficace, la streptomycine, a été découvert en 1943. C'est à ces grands médicaments suivis par de nouvelles familles d'antibiotiques que l'on doit l'immense succès thérapeutique de l'antibiothérapie.
Les antibiotiques ont une origine naturelle s'ils sont extraits d'organismes vivants. Ils peuvent aussi être obtenus par synthèse chimique totale ou partielle. Chaque antibiotique possède un mode d'action spécifique. En fonction de leur concentration et du temps de contact avec les bactéries, ils peuvent tuer les bactéries (effet bactéricide) ou ralentir leur croissance (effet bactériostatique). Ces médicaments répondent à quatre grands mécanismes d'action. Ils peuvent ainsi :
perturber la formation de la paroi bactérienne : pénicillines, céphalosporines, vancomycine,
inhiber la synthèse protéique : chloramphénicol, streptomycine, tétracycline,
bloquer la réplication de l'ADN bactérien : quinolones, ou la synthèse de l’ARN : rifampicine,
modifier le métabolisme énergétique de la bactérie : sulfamides, triméthoprime.
La découverte des antibiotiques a fait naître l'espoir qu'il serait possible de juguler l'ensemble des maladies infectieuses. Le phénomène de résistance bactérienne aux antibiotiques a mis fin à cette "fatale illusion". Le phénomène en lui-même n'est pas récent. Ce qui est nouveau et constitue une véritable menace, c'est l'ampleur du phénomène de ce qu'il est convenu d'appeler la montée des résistances.