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Résistances aux antibiotiques


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5. Peut-on prévenir l'émergence et la dissémination des résistances ?

Quelles sont les perspectives de recherche ?

Aucune nouvelle famille d'antibiotiques n'a été découverte depuis plus de 25 ans . Pourquoi ?
On a cru que l'arsenal thérapeutique permettrait de maîtriser les maladies infectieuses et les recherches sur les antibiotiques ont été un peu délaissées par l'industrie pharmaceutique. De plus, la mise au point d'un nouvel antibiotique est longue, complexe et onéreuse.

La montée rapide des résistances a contraint les chercheurs à s'intéresser de près au phénomène de résistance. Ainsi, la découverte du rôle majeur de certaines enzymes, les bêta-lactamases, dans les phénomènes de résistance a permis de mettre au point des inhibiteurs de ces enzymes. Dans la situation actuelle, il devient essentiel de détecter précocement les nouveaux mécanismes de résistance aux antibiotiques. Il reste ensuite à élucider ces mécanismes grâce aux techniques très performantes de la biologie moléculaire.

Les grands programmes de recherche sur le génome stimulent considérablement les travaux pour la mise au point de nouveaux antibiotiques. Les génomes de plusieurs micro-organismes ont été entièrement décryptés. C'est le cas des bactéries Escherichia coli, Helicobacter pylori, du pneumocoque et de Bacillus subtilis, etc. D'autres sont en passe de l'être : Staphylocoque doré, Mycobactérium agent de la tuberculose, etc.

Le génome d'une quarantaine de micro-organismes est en cours de séquençage dans le monde. Les informations issues de ces travaux seront des sources tout à fait essentielles pour imaginer des antibiotiques et des vaccins ayant des cibles et des modes d'action radicalement nouveaux.

L'étude des moyens de défense naturelle des animaux et des plantes est devenue pour les chercheurs une source d'inspiration pour concevoir les antibiotiques de demain. Les grenouilles, les insectes, les crabes, les oursins, les porcs et aussi les hommes produisent pour se protéger différentes familles de protéines qui sont capables d'inactiver bactéries et champignons. Le mécanisme de ces puissants antimicrobiens est à l'étude.


 
La prévention

Il est possible de ralentir, à défaut de pouvoir la contrôler, la montée des résistances par des stratégies de prévention. Elles s'appuient sur un usage plus rationnel des antibiotiques et sur des mesures d'hygiène individuelle et collective.

Pour un bon usage des antibiotiques, quelques règles sont importantes :

la prescription d'un antibiotique est loin de constituer toujours une obligation ; cependant, il ne faut pas aller trop loin dans l'abstention comme en témoigne la réapparition aux Etats-Unis du rhumatisme articulaire aigu.
Cette résurgence serait due à des angines ou des inflammations des amygdales mal ou insuffisamment traitées par les antibiotiques ;
les posologies optimales doivent être respectées pour atteindre l'efficacité recherchée ;
enfin, il ne faut ni abréger ni prolonger inutilement un traitement antibiotique.
Des mesures d'hygiène et d'isolement sont essentielles pour lutter contre la transmission des souches résistantes. A la maison, comme à l'hôpital, il est urgent de remettre au goût du jour les règles d'hygiène élémentaires qui ont été oubliées... du fait de l'utilisation des antibiotiques.

Parmi les mesures les plus efficaces, le lavage des mains est une pratique trop souvent négligée dans la population générale comme à l'hôpital. Les mains portent une flore résidente très peu pathogène et une flore dite transitoire provenant de l'individu lui-même (tube digestif, salive...), de la peau d'autres personnes (transmission croisée) ou du milieu extérieur. Cette flore transitoire représente un danger car elle est responsable en grande partie des épidémies de gastro-entérites (salmonelles) et des infections respiratoires en particulier chez les enfants. L'importance du lavage des mains à l'eau et au savon (30 secondes au minimum puis un essuyage avec une serviette propre) avant les repas doit être sans cesse rappelée.
 
A l'hôpital, une mauvaise hygiène des mains est une source majeure de transmission croisée d'infections nosocomiales et de dissémination des germes. Le lavage des mains avant et après chaque soin est une règle impérative insuffisamment appliquée. L'ensemble du personnel soignant, conscient du risque infectieux à l'hôpital, doit être de plus en plus impliqué dans les programmes de prévention.
 
Revers de la médaille de l'efficacité antibiotique, le phénomène de résistance est certes inéluctable et malheureusement très lentement réversible mais peut et doit rester limité si l'on s'en donne les moyens.


Odile ROBERT
Décembre 1997 - Actualisé en mai 2000


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