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Obésité

Mardi 02 Janvier 2007

Ce dossier a été réalisé en collaboration avec :

Henri Saltiel, président du groupe ROMA (Recherche sur l'Obésité et les Modes alimentaires),
Philippe Froguel, Institut Pasteur de Lille.
Texte rédigé par Rica Etienne
 
 
Les découvertes se bousculent
Depuis plus d'un quart de siècle, les recherches sur l'obésité stagnaient. Il y a 40 ans, on avait déjà commencé à signaler les risques liés à l'obésité abdominale, confirmés depuis ces toutes dernières années. On avait aussi établi voilà 25 ans, le lien entre obésité et résistance à l'insuline. Mais voilà que depuis la fin de l'été 94, les découvertes sur la souris obèse n'ont cessé de se succéder, relançant la piste génétique et laissant augurer pour les années à venir de nouveaux médicaments chez l'homme.
 
L'obésité est une maladie complexe, d'origine génétique parfois, où cependant l'environnement, la culture et les habitudes familiales jouent un rôle déterminant. L'excès de graisses qui la caractérise résulte d'un déséquilibre entre la prise de calories alimentaires et leur utilisation. Chez une personne, si la dépense d'énergie (c'est à dire l'énergie utilisée par l'organisme pour fonctionner et maintenir la température corporelle) est égale à l'énergie contenue dans les aliments consommés, le stock de graisse est stable. C'est mathématique, les "apports" égalent les "dépenses". En revanche, si la prise d'aliments excède la dépense énergétique, un surplus d'énergie sera conservée sous forme de graisses corporelles. Le stockage d'énergie fait partie de la protection naturelle de l'organisme contre les famines et disettes qui se sont succédées tout au long de l'histoire de l'humanité et il est indispensable à la survie en cas de raréfaction des aliments. Toutefois, un tel phénomène répété quotidiennement se traduira par une obésité, souvent associée à une augmentation des risques pour la santé.
 
Il est incontestable que de nombreuses obésités sont favorisées par une prise alimentaire excessive. Mais l'identification d'un tout nouveau gène, impliqué dans la dépense d'énergie, laisse penser que la prise alimentaire pourrait être normale, mais les dépenses énergétiques insuffisantes. Ainsi à prises égales, certains individus dissipant moins d'énergie pour fonctionner seront plus gros que d'autres brûlant davantage. De même, des travaux récents, laissent entendre que la répartition des prises alimentaires au cours de la journée aurait son importance, et qu'un décalage dans le temps pourrait donner lieu à une "chrono-obésité".


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