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Maladie de Parkinson

Lundi 19 mars 2007
Quatre millions de personnes dans le monde sont touchées par la maladie de Parkinson. Ce chiffre terrible, amène les spécialistes à considérer la pathologie comme un véritable problème de santé publique.
Invalidante sur le plan social, et indétectable par les techniques d'imagerie les plus perfectionnées, elle est souvent trop tardivement diagnostiquée.
Aujourd'hui, deux classes majeures de médicament permettent de traiter la maladie de Parkinson : des traitements à base de L-Dopa et des agonistes de la dopamine. Mais la recherche médicale ouvre la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques, telles que l'utilisation de molécules dérivées de l'ecstasy.
Maladie de Parkinson : causes, perspectives et espoirs, à découvrir dans ce dossier...

Avec ses 80 000 français et 4 millions de personnes atteintes dans le monde, la maladie de Parkinson tend à devenir un problème de santé publique. Indétectable par les techniques d'imagerie les plus perfectionnées, elle est souvent trop tardivement diagnostiquée. Tremblements des mains au repos et lenteur à exécuter des mouvements simples sont parmi les symptômes les plus significatifs de cette maladie hautement invalidante.


> Qu’est-ce que la maladie de Parkinson ?
La maladie de Parkinson est une maladie du cerveau décrite pour la première fois en 1817 par le médecin anglais James Parkinson. Elle consiste en une perte progressive de certains neurones, ce qui la fait qualifier de maladie neuro-dégénérative. Les neurones contrôlant le mouvement (motoneurones) étant peu à peu détruits, la plupart des signes sont moteurs.
La maladie de Parkinson est fréquemment associée au vieillissement. Elle apparaît vers 55-60 ans et dure de nombreuses années. Le nombre de cas augmente d’ailleurs avec l’âge : de 1/1000 en moyenne dans la population générale, le nombre de personnes atteintes s’élève à 1/100 chez les plus de 60 ans et à 2/100 chez les plus de 70 ans. Mais il est important de noter que cette maladie se manifeste dans 5 à 10 % des cas chez l‘adulte jeune, parfois dès l’âge de 20 ans. Ces formes précoces représentent une sorte d’archétype de la maladie, car elles sont indépendantes des signes normaux du vieillissement.
En France, la maladie de Parkinson touche 80 0000 personnes, avec 8 000 nouveaux cas par an. Dans le monde, il existerait 4 millions de parkinsoniens, répartis sur tous les continents sans condition de race ou de richesse. La maladie semble néanmoins plus fréquente dans les pays très industrialisés à haut niveau de vie, où l’espérance de vie est plus grande. Avec le vieillissement général de la population mondiale, il est probable que la maladie de Parkinson devienne un réel problème de santé publique.
Grâce aux traitements (médicaux mais aussi kinésithérapiques, orthophoniques…), il est aujourd’hui possible de soigner cette maladie, même si elle reste extrêmement invalidante sur un plan social. Ainsi, la maladie de Parkinson fait partie des trente affections reconnues comme donnant droit à une prise en charge à 100% par la sécurité sociale.
 


Comment fait-on le diagnostic ?
La maladie de Parkinson est très difficile à diagnostiquer, pour la raison évidente que l’on ne peut pas observer la perte des neurones sans faire de prélèvement, même par les techniques d’imagerie les plus pointues. De plus, cette maladie qui débute souvent par de simples difficultés de mouvement avec ankylose des articulations, fait spontanément penser à une maladie rhumatismale plus qu’à une maladie neurologique. Enfin, il peut être difficile de faire la part des signes entre la maladie et le vieillissement normal de la motricité, dont témoignent, passé un certain âge, un ralentissement du pas, des tremblements ou bien encore une attitude voûtée…
Par ailleurs, certains de ces symptômes peuvent avoir d’autres origines : prise prolongée de certains médicaments neuroleptiques ou d’héroïne frelatée, intoxication par le monoxyde d’azote, coups répétés sur la tête, maladie de Wilson (accumulation anormale de cuivre dans le sang), anomalies de circulation du sang dans le cerveau, tumeurs cérébrales…
Chez un sujet souffrant de la maladie de Parkinson, les examens d'imagerie radiologique sont normaux. Le médecin peut quand même demander certains tests (scanner, IRM...), pour éliminer d’autres maladies éventuelles, comme par exemple de légers accidents vasculaires cérébraux (AVC). Rappelons que ces examens donnent accès à des images dont la précision est de l’ordre du millimètre, ce qui ne permet pas de visualiser des anomalies au niveau cellulaire.
D'autres examens d'imagerie médicale plus spécialisés (tomographie à émission de positons, scintigraphie) peuvent en revanche permettre de visualiser la circulation de la dopamine, une substance qui fait défaut dans le cerveau des parkinsoniens. Ces examens pourraient avoir leur intérêt dans le diagnostic de la maladie mais ils sont encore réservés au domaine de la recherche et sont loin d’être pratiqués en routine. En l’absence d’outils plus spécifiques, le diagnostic repose donc sur l’examen neurologique du médecin. Un examen soumis à une certaine incertitude : certaines études avancent que même un spécialiste de cette maladie se trompe une fois sur trois lorsqu’il évoque la maladie de Parkinson comme premier diagnostic.




Comment se manifeste-t-elle ?
Le début de la maladie est insidieux, difficilement datable, car la maladie évolue souvent sur plusieurs années. Les premiers signes peuvent ne pas être spécifiques, consistant en une perte globale d’énergie, un changement de posture (buste en avant), un membre engourdi ou une douleur persistant pendant plusieurs mois.
C’est fréquemment l’existence d’un tremblement, le plus souvent aux mains, qui oriente vers la piste d’une maladie de Parkinson. Fréquemment mais pas toujours, car contrairement à une idée reçue, environ 20 % des personnes atteintes ne tremblent pas. Par ailleurs, à l’inverse du tremblement rencontré chez les personnes âgées et qui survient lors de la contraction musculaire, le tremblement parkinsonien survient au repos, alors que les muscles sont relâchés, et cesse dès le début du mouvement. Les autres signes majeurs de la maladie consistent en une rigidité des membres et en une lenteur à l’exécution des mouvements (bradykinésie), voire une privation des mouvements (akinésie). La rigidité va de pair avec une « hyper tonicité » musculaire (contrairement à un muscle sain, un muscle parkinsonien est tendu, c’est-à-dire « hypertonique », lorsqu’il est relâché). Elle peut s’exprimer de manière variée, par des crampes, ou par l’impression d’être ankylosé, notamment au niveau des muscles de la nuque, du dos et des épaules. La lenteur à l’exécution de mouvements est directement liée à l’atteinte des neurones qui contrôlent le mouvement. Elle est précédée d’un retard à l’initiation du geste, c’est-à-dire un temps plus long que la normale entre la volonté de faire un mouvement et le début de son exécution. La lenteur à l’exécution du mouvement (bradykinésie) se manifeste par exemple lorsque la personne doit effectuer des mouvements complexes (lacer ses chaussures, s’habiller, etc.).
D’autres signes, tels que des troubles digestifs, génito-urinaires, cutanés, vasculaires, sensoriels ou psychiques peuvent aussi survenir. Ils sont liés à l’atteinte du système nerveux végétatif, qui contrôle l’activité des grandes fonctions vitales. Il n’y a pas habituellement de détérioration intellectuelle.
Ces symptômes sont très fluctuants dans le temps et très variables d'un malade à un autre.


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