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Maladie de Creutzfeldt-Jakob et maladies à prions


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5. QUELLES SONT LES PISTES DE RECHERCHE ?

Avec les maladies à prions, les chercheurs abordent un concept radicalement nouveau de l'infection. L'hypothèse d'une protéine infectieuse qui reste encore à démontrer, ouvre un important champ de recherches et soulève de multiples incertitudes qui imposent une grande vigilance en matière de santé publique.

C'est de la recherche dans trois grands domaines que viendront les progrès: l'épidémiologie, les tests de dépistage et la découverte de la structure du prion.

Surveiller l'évolution de la maladie

  
Les études épidémiologiques, grâce auxquelles on connait le nombre de cas certains ou probables de MCJ en France (voir schéma d'après le site Internet de l'Institut national de veille sanitaire INVS), sont essentielles pour détecter d'éventuelles variations de l'incidence de la maladie de Creutzfeldt-Jakob et appréhender les facteurs de risque : alimentation, vie professionnelle, antécédents médicaux...C'est l'objet du programme européen associant l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France qui a été mis en place dès 1993.


Mettre au point des tests de dépistage

La mise au point de tests sensibles, spécifiques et rapides pour la détection de l'infection du vivant du patient constitue une des priorités des recherches actuelles.

En 1986, étaient mises en évidence dans le liquide céphalo-rachidien de sujets atteints de MCJ deux protéines spécifiques dites 130 et 131.
Depuis, des travaux ont montré que la protéine 130 est une protéine ubiquitaire connue appelée 14.3.3.

Des tests de diagnostic de ces protéines et de l'énolase neurospécifique (NSE), qui sont des marqueurs de la destruction des neurones, sont en voie de développement.
Si leur intérêt est prouvé, ces tests devraient être utiles pour confirmer le diagnostic chez un sujet présentant des signes cliniques de MCJ. Il est essentiel de déterminer à quel stade d'évolution ce marqueur biologique apparaît.

Peut-il être utile pour dépister l'infection chez des sujets avant même l'apparition des symptômes ? C'est une question à laquelle les travaux en cours s'intéressent particulièrement.


Découvrir la structure du prion

Dans le domaine de la thérapeutique où tout reste à faire, les progrès viendront de la connaissance précise de la nature de l'agent infectieux et des mécanismes de la transition entre conformation normale et pathologique. Beaucoup d'espoirs sont mis dans un modèle prion de levure chez laquelle ont été mis en évidence deux phénomènes d'hérédité supposée non chromosomique.
 
La levure est un organisme facile à manipuler (elle se reproduit en moins de deux heures) dont le génome est complètement décrypté.
 
Ce modèle s'est révélé un outil majeur pour tester diverses hypothèses, purifier les deux protéines et étudier les paramètres qui gouvernent le passage d'une forme normale à l'autre.
 
Un pas très important sera fait lorsque la structure en trois dimensions de la protéine PrP anormale sera connue et pourra être comparée aux données dont on dispose sur la protéine normale. Il sera alors possible, à l'aide de la modélisation moléculaire, de concevoir sur des bases rationnelles, des substances capables soit de prévenir soit de rendre réversible la transition de conformation des prions.


Odile ROBERT
Mars 1997 - Texte réactualisé en Novembre 1998 puis le 30 Janvier 2001


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