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Maladie d'Alzheimer


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5. Vers une prédiction de la maladie d'Alzheimer ?

Aux Etats-Unis, on recense 4 millions de personnes touchées par la maladie d'Alzheimer. En France la prévalence est de 350 000 cas et l'incidence (nombre de nouveaux cas par an) s'élève à 92 000. L'évolution de l'espérance de vie dans les pays développés est telle que le vieillissement de la population et la maladie d'Alzheimer risquent de devenir dans les années à venir un problème considérable tant sur le plan médical, social qu'économique.

Dans un tel contexte, on conçoit l'importance de la recherche qui elle seule peut faire progresser le diagnostic et découvrir des traitements préventifs et curatifs. Un neurologue américain a calculé que le simple fait de reculer de cinq années l'apparition des signes cliniques permettrait de réduire de près de 50% le nombre de cas.

Depuis que l'existence d'une période silencieuse de la maladie est bien établie, l'idée d'un diagnostic à un stade très précoce est devenue pour les cliniciens très stimulante. Le développement dans les années 1990 des consultations de la mémoire a grandement facilité la mise en place de stratégies de dépistage.
En effet, un nombre croissant de personnes en bonne santé s'inquiètent de troubles de mémoire et viennent en consultation dans ces structures spécialisées alors qu'elles ne se seraient pas rendues dans des services de gériatrie ou de neurologie.
La plainte est évaluée et quantifiée à l'aide de questionnaires structurés qui permettent de faire la part entre troubles normaux et troubles laissant suspecter une démence débutante.
Ainsi, ces consultations permettent de détecter à un stade très en amont des personnes présentant des troubles encore mineurs mais à risque de développer une démence quelques années plus tard.

Le dépistage de la MA avant le stade clinique permettrait de tester l'efficacité des médicaments dont le mécanisme d'action est de freiner la mort neuronale et donc le développement de la maladie.

Une telle perspective n'est envisageable que si l'on dispose au préalable de critères prédictifs fiables d'une évolution vers une maladie d'Alzheimer.

Les outils de dépistage ont considérablement progressé et il est désormais possible à l'aide de tests neuropsychologiques spécifiques d'identifier, avec une certaine fiabilité, des patients au tout début de leur maladie.
 
Cependant, en l'absence de traitement spécifique de la maladie, il n'est pas concevable sur le plan éthique de proposer un dépistage systématique.
En effet, il n'est pas acceptable de faire savoir à une personne qu'elle court un risque de développer la maladie d'Alzheimer sans lui proposer parallèlement un moyen efficace de prévenir ce risque.


Odile ROBERT
Février 1998


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