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Les Prix Nobel



3. Des bricoleurs de génie à l’assaut de l’ADN

Ainsi donc, dès le début de la seconde moitié du 20ème siècle, ce sont les études menées sur cette molécule exceptionnelle et sur ses modes d’expression que vont se focaliser les recherches conduites par de nombreux autres scientifiques, futurs lauréats du Prix Nobel de médecine, mais aussi de chimie et même de physique. Depuis le début de ce siècle, le laboratoire de Cavendish, à Cambridge, en Angleterre, était devenu une pépinière de lauréats du prix Nobel, en particulier dans le domaine de la physique de l’atome. Les physiciens Bragg, père et fils, tous deux récompensés par le jury de Stockholm, avaient inventé et perfectionné la technique de cristallographie aux rayons X. Celle-ci permit d’entreprendre d’innombrables travaux en vue de comprendre la constitution intime de cette substance intrigante qu’était l’ADN, et dont on commençait à beaucoup parler. Au firmament de cette pléiade de scientifiques apparurent bientôt les noms de James Dewey Watson et de Francis H. C. Crick. A Cavendish, on souriait volontiers de ces deux chercheurs, le premier, un zoologiste américain de 23 ans, d’abord passionné par l’éthologie des oiseaux, le second, un physicien au comportement exubérant, tous deux quelque peu marginaux, et qui passaient un temps précieux à tenter de monter des maquettes d’ADN en bricolant avec des pièces de cartons et en les agençant de diverses manières. Bien sûr, ce bricolage n’était pas mené au hasard et les bricoleurs étaient tout deux dotés d’une curiosité, d’un enthousiasme et d’une intelligence rares. Par ailleurs, de précieuses données, en particulier des clichés photographiques de l’ADN obtenus par diffraction de cristaux d’ADN aux rayons X, leur avaient été fournis par des physiciens et des biochimistes de haut vol tels que Maurice H. Wilkins, Rosalind Franklin et Alexander Todd. Enfin, un beau matin de l’année 1953, un nouveau modèle de la structure de l’ADN était agencé. Etait-il valable? On ne pouvait encore l’affirmer. Toujours est-il qu’il apparut si beau à leurs concepteurs qu’il leur fit dire que « cela ne pouvait être que vrai ». Ce jour-là un des secrets jusqu’alors les mieux gardés de la Nature était révélé. L’ADN apparaissait constitué d’une double hélice, dont les spirales élégamment entrelacées portaient le code qui régit la totalité des êtres vivants, probablement depuis l’avènement de la vie sur la Terre. C’est ce même code que déchiffrèrent, dès 1954, les biochimistes américains Marshall Nirenberg et Har Gobind Khorana.



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