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Génétique (partie 2)



2. Les déficits immunitaires combinés sévères

Ces maladies sont dues à un déficit important dans la production des lymphocytes T, qui sont les "chefs d'orchestre" de la réponse immunitaire.
Elles constituent des modèles privilégiés pour la mise au point de stratégies de thérapie génique, car elles affectent des cellules du sang : on peut facilement extraire ces cellules de l'organisme, les traiter ex vivo puis les réinjecter au patient.
Cette méthode offre plusieurs avantages : elle facilite le transfert du gène correcteur, en mettant les cellules cibles en contact étroit avec le vecteur délivrant ce gène ; elle permet de sélectionner et de multiplier les seules cellules qui incorporent le gène correcteur ; et elle évite les problèmes d'immunisation de l'organisme contre le vecteur, dans le cas d'adénovirus.

La toute première tentative de thérapie génique...

Ce n'est donc pas un hasard si la toute première tentative de thérapie génique chez l'homme, qui a débuté en 1989 aux Etats-Unis sous la direction de Michael Blaese, visait à traiter l'une de ces maladies : le déficit en adénosine désaminase (ADA).

Cette même maladie fera l'objet d'un des premiers essais français de thérapie génique, mené dans le nouveau Laboratoire de traitement génique et cellulaire, dirigé à l'Hôpital Necker (Paris) par le Professeur Alain Fischer et Jean-Michel Heard.

 ... La déficience en ADA

La déficience en ADA est un déficit immunitaire très rare, qui touche 1 à 2 nouveau-nés par an en France. Elle est due à l'insuffisance d'une enzyme, l'ADA, normalement produite en quantités notables dans les lymphocytes T.
Quand cette enzyme est déficiente, les lymphocytes accumulent un composé toxique qui les détruit. Il en résulte un sévère déficit immunitaire qui rend le patient très sensible aux infections opportunistes graves, entraînant la mort dès les premières années de l'enfance.
Le traitement de choix reste la greffe de moelle osseuse, qui est malheureusement souvent impossible, en l'absence de greffons compatibles.
 
D'où cet espoir placé dans les essais de thérapie génique. Il s'agit de prélever des lymphocytes du sang du malade, de les cultiver in vitro, d'y transférer, à l'aide d'un vecteur rétroviral, une copie normale du gène ADA, puis de réinjecter au patient ces lymphocytes "corrigés".
Ce protocole doit cependent être renouvellé tous les mois, car les lymphocytes ont une durée de vie limitée. Pour pallier cet inconvénient, on tente aujourd'hui de transférer le gène normal de l'ADA dans des cellules souches hématopoiétiques, dont dérivent toutes les lignées de cellules sanguines : un tel traitement serait définitif.



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