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Douleur


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6. Quels progrès dans la prise en charge de la douleur ?

Si la prise en charge de la douleur, particulièrement en France, a longtemps été négligée, les mentalités sont indéniablement en train de changer. Le statut de la douleur évolue, comme en témoignent les récentes mesures du plan antidouleur du gouvernement actuel. Ce plan, effectif dès l’automne 1998, comprend trois axes :

La prise en compte de la douleur

La prise en compte de la douleur sera améliorée. Ainsi, chaque malade se verra remettre un "carnet douleur" lors de son entrée à l'Hôpital. À sa sortie, on mesurera grâce à ce carnet sa satisfaction en matière de traitement anti-douleur. Par ailleurs, la douleur sera systématiquement évaluée dans les établissements de soins, à l'aide de "réglettes" qui permettront d'enregistrer quotidiennement l'intensité de la douleur pour chaque malade hospitalisé.

 
La délivrance des médicaments

La délivrance des médicamentsLa délivrance des médicaments analgésiques, en particulier des morphiniques forts, sera facilitée. Un grand nombre de tabous continuent en effet de peser sur la morphine. Il existait jusqu'à présent de nombreux obstacles réglementaires et administratifs à sa prescription. Ces barrières devraient être en partie levées avec la suppression du carnet à souches (une procédure de délivrance très lourde, propre aux stupéfiants), qui sera remplacé par des ordonnances infalsifiables. D'autre part, le personnel infirmier pourra, en cas d'urgence, délivrer certains analgésiques aux patients. Un effort particulier sera fait pour le traitement de la douleur chez l'enfant : en particulier, des formes pédiatriques d'antalgiques majeurs (de niveau II ou III) seront mises sur le marché. Auparavant, en effet, seuls les analgésiques de niveau I étaient autorisés chez les enfants.

La mise en place de nouvelles structures

Un enseignement spécifique ainsi que de nouvelles structures seront mis en place dans les établissements et les réseaux de soins. En matière de formation, un enseignement spécifique de la douleur a été mis en place depuis 1 à 2 ans au cours des études médicales, ainsi qu'une forme de spécialité, la "capacité douleur". Cependant la formation des professionnels de santé en matière de douleur doit encore être renforcée. Une vingtaine de Comités de lutte contre la douleur, ainsi que de nouveaux postes de praticiens spécialisés, seront créés dans les Hôpitaux. Le cahier des charges des Hôpitaux comprendra désormais la lutte contre la douleur. Enfin, on incitera les généralistes à se regrouper dans des "réseaux douleur", afin de mieux écouter les malades, de mieux les traiter et de les orienter, si besoin est, vers des centres spécialisés.
 
Florence ROSIER
Avril 1999


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