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Douleur



3. Comment évaluer la douleur ?

Les échelles et questionnaires d'évaluation

D'abord une question : peut-on mesurer la douleur ? À l'évidence, l'appréciation de la douleur est subjective, celle-ci appartenant en propre au malade qui l'éprouve. Pourtant, même si la douleur n'est pas chiffrable de façon absolue, il est possible d'évaluer le vécu douloureux. Cette évaluation est même souhaitable, car elle permet d'orienter le traitement analgésique et d'en apprécier l'efficacité.
 
Pour tenter d'objectiver la sensation douloureuse, les équipes soignantes disposent de plusieurs échelles et questionnaires d'évaluation. Ceux-ci font appel à une auto-évaluation de la douleur par le malade lui-même, qui reste évidemment le mieux placé dans cette appréciation. Il existe ainsi diverses échelles verbales, où l'on demande au patient de choisir le qualificatif qui lui semble le mieux correspondre à l'intensité de sa douleur. Sur d'autres échelles, numériques, le malade chiffre sa douleur. Les échelles les plus sensibles et les plus fiables sont les "réglettes douleur" : ce sont des échelles visuelles analogiques, où le malade indique, le long d'une droite qui figure l'intensité de sa douleur, la position qui correspond le mieux à ce qu'il ressent.
 
D'autres moyens d'évaluation sont disponibles, comme les échelles comportementales et surtout les questionnaires descriptifs, qui invitent le patient à donner une description qualitative très précise de sa douleur. Le questionnaire actuel le plus élaboré, d'origine canadienne, comporte 82 qualificatifs (sa version française en compte 61) qui définissent les nuances de perceptions cognitives, sensorielles et affectives de la douleur ; le patient coche les adjectifs qui décrivent le mieux sa douleur et les cote en intensité.
 
La douleur chez l'enfant

La douleur chez l'enfant, surtout avant l'âge de 5 ou 6 ans, reste difficile à évaluer. Chez le très jeune enfant qui n'a pas encore accès au langage, la douleur peut se lire dans les attitudes du corps (positions défensives), les comportements (atonie psychomotrice, tristesse, résignation...) et les mimiques faciales. Chez l'enfant plus âgé, les pédiatres disposent d'échelles de mesure de la douleur adaptées, comme les échelles de visages : sur une série de dessins de visages qui expriment diverses intensités de douleur, l'enfant choisit celui qui représente le mieux sa douleur. Pour localiser la douleur chez l'enfant, les pédiatres peuvent lui demander de dessiner, sur des schémas corporels de face et de dos, les endroits où il souffre, en les coloriant selon l'intensité de sa douleur. Dès l'âge de 10 ans, l'enfant est à même de répondre à des questionnaires de vocabulaire. Enfin, pour améliorer l'évaluation de la douleur chez l'enfant, diverses grilles comportementales et échelles de mesure sont en cours de validation.



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