Le don utile. Faites un don pour aider la recherche

Vous êtes ici :



Dépression



2. LES DIFFERENTES FORMES DE DEPRESSION ?

Le concept de dépressions « masquées » a finalement été avancé, il y a une vingtaine d’années, pour définir des dépressions dont les symptômes sont larvés derrière de multiples signes imprécis, qu’il s’agisse de symptômes somatiques (céphalées, douleurs lombaires, troubles digestifs, palpitations, gêne respiratoire, douleurs génito-urinaires, crampes, sensations de fourmillements…), de troubles divers (du sommeil, de l’appétit, de la sexualité…) ou du caractère (irritabilité, émotivité, agressivité…).

Les dépressions saisonnières sont plutôt liées à l’entrée dans l’hiver, période de raccourcissement de la durée d’ensoleillement. Elles provoquent l’augmentation de l’appétit, l’hypersomnie et une sensation de fatigue. Elles pourraient avoir pour origine le dérèglement des rythmes biologiques.

Cliniquement, les dépressions peuvent également se différencier selon l’âge et la culture. La difficulté de la dépression de l’enfant est liée au faible niveau de verbalisation dont celui-ci dispose jusqu’à huit ans pour exprimer une tristesse douloureuse : pleurs, cris, troubles du sommeil et de l’alimentation, plus tard, terreurs nocturnes, mutisme, chute des résultats scolaires, énurésie et encoprésie, sont autant de signes de cette souffrance.

Chez l’adolescent, l’expression dépressive est assez proche de celle de l’adulte mais peut être masquée par des symptômes moins évocateurs (fugues, délinquance, alcool, drogues…). Les idées et tentatives de suicide y sont fréquentes.

Les dépressions « de la cinquantaine », chez la femme, sont liées à la ménopause. Dites « d’involution », elles revêtent un aspect mélancolique où prédominent l’anxiété, la douleur morale, les plaintes hypocondriaques et la culpabilité.

Les dépressions du sujet âgé, enfin, surviennent avec le ralentissement psychomoteur et posent le problème fondamental de leur rapport avec la détérioration : elles peuvent en effet, soit prendre l’aspect d’une démence mais guérir sous antidépresseurs, soit, à l’inverse, être symptomatiques d’une véritable détérioration. Par ailleurs, il est important de souligner que l’on ne connaît pas actuellement de facteurs socioculturels à la dépression. Ce syndrome n’est donc pas une caractéristique des sociétés occidentales. On peut seulement dire qu’il s’exprime différemment selon que l’on vive, par exemple, en Laponie, en Sicile ou dans le Maghreb. Schématiquement, on peut dire qu’en Afrique et chez les Musulmans, elle prend des formes projectives liées aux croyances dans les sorts qui régissent la vie des individus, alors que dans les sociétés judéo-chrétiennes, elles revêtent plutôt des aspects d’auto-culpabilisation.

Enfin, les conditions de vie actuelle des sociétés industrielles obligent à évoquer une dimension devenue particulièrement sensible de la pathologie dépressive, celle de la sociopathie de la fatigue chronique liée aux conditions de travail. Soulignons cependant, à cet égard, que les effets du « harcèlement moral » subi dans le cadre de hiérarchies professionnelles conflictuelles (syndrome dit du « petit chef »), ne doivent pas être confondus avec les dépressions elles-mêmes. « Il est en effet extrêmement important de comprendre que bien que de mauvaises conditions de travail soient susceptibles d’alimenter le thème d’une dépression, elles ne sont pourtant pas à l’origine de celle-ci ; l’origine de la souffrance morale doit être bien distinguée de l’origine de la dépression. C’est pourquoi la « mutation » (changement de lieu de travail), souvent invoquée comme solution universelle, ne fait que déplacer le symptôme de la dépression et ne constitue en aucun cas un recours efficace », précise le Dr Nicole Pelicier, de l’association Yves Pelicier. De même, l’épuisement des jeunes femmes qui viennent d’accoucher, tenues de reprendre leur travail rapidement et qui, confrontées à leur anxiété post-partum, aux soins à prodiguer au nourrisson, à leurs contraintes professionnelles, à la durée des trajets, à la gestion domestique… peut représenter une symptomatologie de dépression profonde.

Principales données épidémiologiques sur la dépression

Prévalence :

ponctuelle : 6,8 % dans la population générale (2 fois plus fréquente chez les femmes)
sur six mois ou un an : sur six mois, entre 2 % et 3,7 % ; sur un an, entre 3 % et 3,7 %
sur la vie : 26,7 %
La prévalence de la dépression majeure est plus marquée dans les tranches d’âges jeunes.
 
Mortalité :

45 % à 70 % des tentatives de suicides sont attribuables à une dépression
10 % à 20 % des déprimés meurent par suicide
Risque de morbidité :

au cours de la vie : entre 9 % et 15 % (dont 2/3 de femmes) 



En 1 clic...

Recevez la e-lettre d'infos

Recherche

Accès direct