Les dépressions font aujourd’hui l’objet d’une classification dans la quatrième édition du Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM-IV) et dont le trouble dépressif majeur constitue la forme la plus grave.
On parle de trouble dépressif majeur lorsque surviennent un ou plusieurs épisodes majeurs, sans antécédents d’épisodes maniaques (humeur anormalement euphorique et irritable pendant au moins une semaine) ou mixtes (épisode dépressif majeur et épisode hypomaniaque survenant tous les jours pendant au moins une semaine). Cet épisode, qui dure au moins deux semaines, se traduit par la perte de tout intérêt pour des occupations habituelles et par la survenue d’au moins quatre des symptômes suivants : modifications de l’appétit et du poids, du sommeil et de l’activité, sentiment de culpabilité, difficultés de raisonnement et de prise de décisions, pensées récurrentes de mort ou de suicide. Le trouble dépressif majeur s’intègre parfois dans un trouble bipolaire.
Le trouble bipolaire se caractérise par un ou plusieurs épisodes maniaques ou mixtes et, parfois, par des épisodes dépressifs majeurs.
Cependant, bien que rigoureux, ces critères restent arbitraires car la maladie varie dans son expression, sa gravité, son origine et, pris isolément, aucun de ces symptômes n’est décisif. Il paraît donc préférable de parler de « dépressions » au pluriel. « L’approche actuelle des maladies dépressives fait de ce syndrome une maladie globale ou, plus exactement, un syndrome carrefour mettant en jeu un ensemble de processus tant organiques que psychiques et intellectuels dont l’expression peut aller de la simple morosité éphémère à l’idée suicidaire obsessionnelle », souligne le docteur Edmond Guillibert, psychiatre à l’hôpital européen Georges Pompidou.