« Les traitements des dépressions varient selon la forme clinique qu’elles revêtent, la personnalité et le souhait du patient, les disponibilités sanitaires locales », explique Edmond Guillibert. Au-delà des diverses approches thérapeutiques des dépressions (chimiothérapie antidépressive, psychothérapies, régulateurs de l’humeur, hospitalisation…), il faut souligner que, le plus souvent, le programme de prise en charge doit être global et savoir conjuguer des mesures complémentaires.
Les antidépresseurs constituent le traitement essentiel de toute dépression. Il s’agit de médicaments qui traitent l’humeur dépressive et qui, pour cette raison, sont appelés « thymoanaleptiques ». Il en existe trois grandes catégories : les inhibiteurs de la mono-amino-oxydase (IMAO), les tricycliques et ceux dits « de nouvelle génération ». Les IMAO sont des dérivés de l’iproniazide, enzyme responsable de la dégradation de nombreuses substances dans le cerveau. Les tricycliques sont des molécules composées de trois cycles, dérivées de l’imipramine. La dernière génération d’antidépresseurs est constituée de produits de structures variées.
L’hypothèse a été émise qu’il pourrait exister différentes catégories biologiques de dépression : par manque en sérotonine, en noradrénaline ou en dopamine. Or, la plupart des antidépresseurs diminuent le nombre et la sensibilité de récepteurs à la noradrénaline et de certains récepteurs à la sérotonine. Les recherches actuelles visent à découvrir de nouvelles molécules permettant une réduction des effets secondaires et une action biochimique plus spécifique. D’un point de vue thérapeutique, tous les antidépresseurs n’ont pas la même puissance. Ils sont classés sur une échelle qui va d’un pôle psychotonique (stimulants actifs sur la fatigue et l’inhibition psychomotrice : IMAO) à un pôle sédatif anxiolytique (actifs sur l’anxiété et ses expressions), en passant par des antidépresseurs intermédiaires (qui agissent différemment selon le métabolisme des sujets).
En association aux traitements antidépresseurs, divers types de psychothérapies visent à faire verbaliser par le sujet les formes que peut revêtir son problème. Ainsi, les psychothérapies de soutien consistent à porter une attention active destinée à restaurer l’image que le patient a de lui-même et sont souvent assurées par le médecin généraliste. Premier recours médical, c’est en effet le médecin traitant qui, dans 80 % des cas, est amené à diagnostiquer la dépression. Les psychothérapies comportementales, quant à elles, visent à modifier le comportement du sujet en l’aidant à améliorer et à positiver son rapport au monde et à lui-même. Les thérapies cognitives poursuivent le même objectif, mais sur le plan des « façons de penser » du sujet qu’elles cherchent à mettre en évidence et à faire évoluer. Les modifications intervenues sont mesurées sur une échelle d’évaluation.
Enfin, certaines dépressions graves avec risque suicidaire (mélancolies avec délires, dépressions anxieuses, dépressions avec refus d’alimentation) nécessitent une hospitalisation pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.