Le cancer résulte d'une perturbation de la communication cellulaire
La capacité de se diviser, de se spécialiser mais aussi de mourir est inscrite dans le génome de chacune des cellules qui composent l'organisme humain.
Le déclenchement et l'arrêt de la prolifération cellulaire (mitose), l'entrée dans un processus de différenciation ou dans un programme de mort cellulaire (apoptose) résultent de l'intégration au niveau cellulaire de multiples signaux, les uns positifs, les autres négatifs.
Au niveau tissulaire, l'équilibre entre ces diverses destinées cellulaires est sous le contrôle de multiples boucles de régulations enchevêtrées.
On imagine la complexité et la vulnérabilité d'un tel système qui assure la cohésion, le bon fonctionnement et l'intégrité d'un organisme.
Sous l'effet de facteurs de l'environnement tels que le tabac, le soleil, certains agents chimiques ou physiques ou certains virus, ou spontanément, le génome humain subit constamment des lésions qui sont réparées.
Si le système de réparation est défectueux ou "débordé", la cellule conserve ces altérations et devient anormale. Ne répondant plus correctement aux signaux environnants, elle échappe à toute régulation. La cellule s'engage alors dans un processus anarchique qui conduit, par accumulation successive d'anomalies génétiques, au développement d'un cancer.
Si bien des questions demeurent, il est désormais acquis que le cancer est dû à une grave perturbation de la communication cellulaire. Il se caractérise par une prolifération cellulaire incontrôlée, une perte de la différenciation et une absence de mort cellulaire.
Le cancer se développe par étapes
La biologie moléculaire et la génétique ont permis d'établir que les altérations génétiques surviennent précisément sur les éléments de régulation de la différenciation de la division et de la mort cellulaires.
L'apparition d'un cancer s'effectue selon un processus en plusieurs étapes au cours desquelles l'accumulation, au fil des divisions cellulaires, d'anomalies sur différents gènes confère un avantage sélectif au clone malin. Les cellules, toutes issues d'une première cellule mutée (clone), forment une tumeur.
Celle-ci devient de plus en plus agressive pour son environnement et échappe progressivement à tout contrôle.
Le cancer est lié à une perturbation de la division cellulaire
Des progrès considérables ont été accomplis dans l'identification et l'analyse des signaux qui stimulent ou au contraire freinent la division cellulaire.
Parmi les gènes qui stimulent la division cellulaire figurent les gènes appelés "proto-oncogènes". Ces gènes jouent un rôle majeur dans la synthèse des protéines qui transmettent à la cellule le signal signifiant qu'elle doit se diviser.
Les signaux qui stimulent ou freinent la division des cellules sont des protéines. Elles sont présentes à la surface des membranes, dans le cytoplasme ou encore dans le noyau où elles contrôlent la transcription des gènes.
Dans les conditions normales, ces différentes protéines, tels des commutateurs, sont activées de manière transitoire puis inactivées après avoir transmis le signal.
Lorsque ces protéines sont activées de manière permanente, elles transmettent, en dehors de toute régulation, le signal de division cellulaire.Parfois, les protéines qui normalement freinent la division cellulaire, perdent leur fonction. Dans ces deux cas, le cancer se développe de manière irréversible.