Le souci de préserver les patients des risques infectieux susceptibles d’accompagner leur mise en relation avec des biomatériaux se traduit par deux impératifs.
En premier lieu, la stérilité intrinsèque des matériaux implantables doit pouvoir être garantie et implique que ces matériaux puissent être stérilisés de façon à ne pas être vecteurs de germes. Le choix du traitement est alors fait en fonction des propriétés physico-chimiques des matériaux considérés. Les produits thermostables (métaux, céramiques, certains polymères) sont stérilisés par la chaleur mais il est difficile d’arrêter une stratégie concernant les matériaux relativement thermosensibles. Pour ces derniers, les procédés se limitent à la stérilisation par l’oxyde d’éthylène ou d’autres agents chimiques, et à la radiostérilisation.
En second lieu, les matériaux implantables ne doivent pas favoriser le développement in vivo d’une flore microbienne endogène. Certains matériaux sont, en effet, propices à l’expression des propriétés adhésives des bactéries, ce qui peut favoriser leur prolifération et leur dissémination. C’est la raison pour laquelle les matériels placés dans des sites septiques à l’état normal (bouche, voies respiratoires, oreille externe, voies digestives, etc.) doivent être surveillés avec une attention particulière. Il est encore plus difficile de surveiller les implants transcutanés ou transmuqueux comme les implants dentaires. Ces dispositifs ont, en effet, l’inconvénient de mettre en communication un espace septique avec des tissus aseptiques et tout doit être mis en oeuvre pour que cette communication ne puisse être empruntée par des germes. La recherche des conditions permettant la fermeture naturelle de ce passage par les cellules superficielles de la peau ou des muqueuses répond à cette préoccupation.