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Asthme et allergies respiratoires



2. Quels sont les responsables ?

L'hérédité

Aujourd'hui, l'origine en partie génétique de l'asthme ne fait plus de doute. Des équipes suédoises ont montré depuis longtemps que lorsqu'un des parents est lui-même allergique, son enfant a une probabilité de 38% de le devenir ; lorsque les deux parents le sont, ce risque est de 52%. Cela dit l'allergie ou l'asthme restent des maladies multifactorielles. Des études sur des vrais jumeaux séparés montrent que 50% seulement partageront la même pathologie. Les facteurs de l'environnement sont donc déterminants.
 
En 1990, une équipe britannique, a montré que des enfants "à risque" (dont les parents sont allergiques) élevés dans un environnement sans acariens, ne font pas d'asthme. En revanche ceux qui en font, ont presque tous vécu dans leur enfance dans un milieu surpeuplé d'acariens.
 
Les généticiens ont mis en évidence l'intervention des paires de chromosomes 4, 5 et 11 sur l'hyper-réactivité bronchique et l'allergie. Le chromosome 5 particulièrement étudié, porte les gènes codant la fabrication de certaines interleukines, notamment celles impliquées dans les phénomènes inflammatoires de l'asthme.


Les acariens

On s'intéresse de plus en plus aux allergènes liés à notre mode de vie : les acariens, anciennement connus, les moisissures que l'on implique de plus en plus, et les cafards qui semblent jouer un rôle jusque là sous-estimé.
Au niveau même des allergènes, des milliers de molécules sont en jeu. Aujourd'hui, le but des chercheurs est de trouver celles qui, précisément, sont impliquées dans les processus d'allergie respiratoire. Ce travail permettra l'élaboration de médicaments plus sélectifs et sans effets secondaires.


Les co-facteurs

L'augmentation des allergies respiratoires et de la mortalité qui lui est liée, est supérieure aux prévisions les plus pessimistes. L'essentiel des hypothèses repose sur l'intervention de ce que l'on appelle les co-facteurs, liés à l'environnement, tels que les polluants, les virus ou le tabagisme passif.
 
Co-facteur majeur : la pollution
Des études japonaises ont mis en évidence l'effet potentialisateur des polluants chimiques comme celui du diesel sur des pollens (notamment ceux de cèdres dans ce pays). Les polluants chimiques peuvent agir soit en rendant la muqueuse respiratoire plus vulnérable à l'action des pollens, soit en rendant les pollens les plus nocifs. Les chercheurs avancent également que les particules de diesel, de toute petite taille, "captent" les particules dans l'air et les transportent en profondeur dans les bronches.
 
La pollution est-elle pour autant un facteur déclencheur d'asthme ou d'allergie à elle seule ?
 
Non, mais la pollution est tout de même un facteur aggravant. On constate que des épisodes de pollution majeurs sont responsables de nombreuses hospitalisations. Les fortes concentrations de dioxyde de soufre, d'acide sulfurique et d'ozone, irritent la gorge et les yeux de toutes les personnes exposées, mais provoquent chez les asthmatiques des crises pour des concentrations bien plus faibles. Toutefois, il faut nuancer le rôle de la pollution.
En Allemagne, à l'Est, on trouve des régions extrêmement polluées et à l'Ouest, des régions qui le sont nettement moins. On constate cependant avec surprise qu'il existe moins d'allergies à l'Est qu'à l'Ouest, ce qui va à l'encontre de l'idée que la pollution favorise l'allergie. Un début d'explication a été proposé : à l'Est, on observe davantage d'infections virales. Ces dernières protégeraient contre les sensibilisations précoces et l'apparition d'allergies. En outre, à l'Ouest, la "vie moderne" pourrait expliquer le nombre plus élevé d'allergies, à cause de l'alimentation plus diversifiée, de la présence de moquettes dans les logements ou d'animaux domestiques…


Les virus

Ils jouent un rôle de déclenchement de la crise et d'aggravation chez l'enfant dans près de 80% des cas, et chez l'adulte, dans 60 à 70 % des cas. Il est maintenant admis que ces virus (ceux du rhume, de la grippe, etc.) fragilisent la muqueuse bronchique et laissent la voie libre aux allergènes et irritants de l'air ambiant (pollution, fumée de tabac,...).

Plusieurs équipes françaises s'intéressent aux différents co-facteurs, à Paris, à Lille et à Marseille.



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