Depuis 20 ans le nombre d'allergiques et d'asthmatiques a augmenté en France et dans le monde. Un français sur cinq est atteint d'allergie. Une fois sur deux cette allergie est respiratoire. Un adulte sur douze est asthmatique.
Entre 1980 et 1990, le nombre d'enfants asthmatiques a doublé. Six à dix pour cent des enfants d'âge scolaire sont asthmatiques. On comptabilise deux mille morts par an dus à l'asthme, soit, à titre comparatif, un peu plus du quart des décès dus aux accidents de la circulation. Chaque année, en France, ce sont sept millions de journées de travail qui sont perdues, suite à des arrêts-maladie prescrits pour ce type de pathologie.
Paradoxe que les médecins s'expliquent mal : d'un côté, on assiste à une augmentation des connaissances concernant les allergies respiratoires, on observe aussi une augmentation d'efficacité des médicaments ; de l'autre côté, on constate une augmentation de la fréquence de la maladie, de sa sévérité, et même une augmentation de la mortalité.
Les raisons de cette situation ? Les traitements existent mais on ne les contrôle pas aussi bien qu'on le voudrait. Ils sont sans doute mal appliqués par les patients et pas suffisamment tôt, d'où leur inefficacité relative.
En pédiatrie, le diagnostic est souvent tardif et le traitement n'est mis en place qu'une fois l'asthme bien installé. C'est beaucoup de temps perdu. Mais, tout cela n'explique pas pourquoi la fréquence de la maladie augmente. On invoque plus volontiers la pollution, la multiplication des allergènes favorisée par le confinement dans les foyers domestiques, devenus plus chauds et plus humides en raison du calfeutrage des portes et fenêtres pour économiser l'énergie. En cause : les enfants, plus souvent mis en crèche, sont davantage exposés aux virus qui facilitent probablement l'action de l'allergène. Cependant les crèches ont très peu d'allergènes : ni chat, ni autre animal domestique, rares acariens, etc. En outre, certaines infections virales, ou surtout bactériennes, jouent peut-être un rôle "protecteur" contre la sensibilisation. Certains nouveaux polluants apparaissent plus nocifs que ceux d'autrefois. Mais les études en cours ont du mal à établir des relations directes de cause à effet.
Quand on est soumis à de faibles doses de polluants pendant des années, il est difficile d'en évaluer précisément les effets sur le long terme.