
Près d’un demi-milliard de données collectées et analysées ! Un chiffre record pour cette étude de l’Inserm et de l’Institut Pasteur, sous la direction du Pr Didier Guillemot (université de Versailles-Saint-Quentin).
Son but : évaluer l’efficacité de la célèbre campagne de santé publique «
Les antibiotiques, c’est pas automatique », menée par l’Assurance maladie. Semaine par semaine, région par région, et pour chaque tranche d’âge de patients, les chercheurs ont passé au crible les 450 millions de prescriptions d’
antibiotiques ayant fait l’objet d’un remboursement par la Sécurité sociale entre 2002 et 2007. Il faut noter que la baisse de la consommation d’antibiotiques représente un enjeu de santé publique majeur, car leur surconsommation engendre des phénomènes de résistance chez les bactéries, rendant alors ces dernières insensibles aux traitements.
Dans ce cadre, la France partait de loin : « Elle a été identifiée dans le passé parmi les pays ayant des taux de résistance bactérienne aux
antibiotiques les plus élevés », rappelle le Pr Guillemot. Or, l’étude a mis en évidence, entre 2002 et 2007, une baisse de 26,5 % de la consommation hivernale d’
antibiotiques , baisse atteignant 30,1 % chez les enfants de moins de 6 ans. Le lien entre les antibiotiques et les syndromes grippaux – affection virale et non bactérienne, donc pour laquelle les
antibiotiques sont inefficaces et inutiles – a vu une diminution de 40 %. Des résultats qui témoignent de l’efficacité de telles campagnes, et qui promettent un meilleur contrôle des résistances bactériennes.
Source : PLoS Medicine, juin 2009.
> Article extrait de
Recherche & Santé n°120, octobre 2009.