
Plusieurs épidémies dues à la
bactérie E. coli sont survenues au cours des derniers mois, en Allemagne et en France. Marquées par des complications graves, elles sont liées à une
contamination accidentelle par des bactéries normalement présentes de façon non pathogène dans l’intestin des ruminants.
Pour les cas survenus en Allemagne et dans la région de Bordeaux, la caractérisation des aliments contaminants a été très difficile. La
souche d’E. coli en cause (0104: H4 ) est très rare et n’avait jusqu’à présent jamais été à l’origine d’une épidémie. Si les enquêtes épidémiologiques ont suggéré que l’origine de la
contamination serait des graines germées, la preuve de la présence de la bactérie dans les graines incriminées reste toutefois très difficile.
Pour les cas survenus dans le nord de la France, et ayant touché des enfants, c’est
une autre souche d’E. coli qui a été mise en cause, la souche 0157:H7. Elle a été retrouvée dans des biftecks hachés contaminés accidentellement, lors de la préparation de la viande après l’abattage des animaux.
Dans les deux cas, environ 10 % des personnes contaminées ont été atteintes par une diarrhée sanglante et 10 % de celles-ci ont présenté des complications plus graves dont le syndrome hémolytique et urémique. Ce terme définit une destruction massive des globules rouges avec libération dans le sang de grandes quantités d’hémoglobine qui sont toxiques pour le rein.
Pourquoi une souche inoffensive chez les bovins devient-elle très dangereuse pour l’Homme ? Cela est lié à la présence, au niveau des cellules de la paroi intestinale humaine, d’un récepteur qui est absent dans l’intestin des bovins. Par ailleurs ces bactéries sécrètent une toxine responsable des syndromes hémorragiques, diarrhée sanglante et syndrome hémolytique et urémique.
Il n’existe pas de traitement spécifique de ces toxi-infections alimentaires graves. Les antibiotiques sont contre-indiqués, car ils ne font qu’accélérer la production de toxines. Les traitements sont donc surtout symptomatiques : filtration du sang par dialyse pour éliminer les toxines et transfusion. Un médicament utilisé dans une maladie rare associée à une destruction des globules rouges, la maladie de Marchiafava Michelli, a été essayé dans les formes les plus graves.
En conclusion, même si les
infections graves dues à E. coli sont rares, elles restent globalement une menace pour l’Homme. D’où l’importance des recherches pour mieux comprendre les mécanismes moléculaires en cause dans l’émergence de nouvelles souches bactériennes très virulentes chez l’homme.
Entre 2004 et 2010, la Fondation pour la recherche médicale a financé 21 projets de recherche sur la bactérie Escherichia coli, pour un montant total de 408 453 euros.
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