
« Nous sommes allés plus vite que prévu, mais nous serions contents de dépasser notre objectif », se réjouit le
Pr Serge Hercberg, à l’initiative de ce projet. Autre point positif, ces nutrinautes sont très assidus : 85 % d’entre eux répondent fidèlement aux questionnaires complémentaires qui leur sont adressés à raison d’un par mois pour connaître leur avis sur les perceptions des messages nutritionnels, leurs habitudes de consommation de produits issus de l’agriculture biologique ou encore leurs modes d’approvisionnement.
« Chaque questionnaire ne prend pas plus de quinze minutes », souligne le Pr Hercberg.
Par ailleurs, le profil de ces « nutrinautes » est très intéressant : « Toutes les régions sont représentées proportionnellement à leur population, ainsi que toutes les catégories socioprofessionnelles. Tous les âges sont aussi présents, alors que nous craignions que l’outil informatique freine les plus âgés. »
Seul déséquilibre notable, les femmes sont surreprésentées. « Je les invite donc à encourager leurs conjoints, frères, fils… à s’inscrire à leur tour. Mais que les femmes continuent elles aussi à participer ! Car plus nous aurons de participants, et plus tôt nous les aurons, plus vite nous obtiendrons des résultats et plus précis ils seront. »
Les enseignements sur l’alimentation des Français et leur santé sont donc encore en attente, mais des
résultats préliminaires sur 50 000 participants font déjà apparaître des disparités régionales et des problèmes nutritionnels pour certaines populations.
Ces premiers mois d’expérience ont également montré la pertinence de ce type d’étude épidémiologique à grande échelle, via Internet. Les premiers articles paraîtront prochainement dans des revues internationales pour présenter les avantages de ce nouvel outil à l’ensemble de la communauté scientifique mondiale.
> Article extrait de
Recherche & Santé n°121, janvier 2010.