
Après une thèse, un jeune docteur ès sciences commence sa carrière avec un ou deux « postdocs » (pour postdoctorat), des contrats temporaires qui durent généralement entre trois et cinq ans. « Il est très important d’être mobile et d’étoffer son expérience au sein de différentes équipes, explique Thomas Préat. Et pour les laboratoires de recherche publics, ces chercheurs constituent un apport considérable. » Mais le financement des postdocs n’est souvent pas pris en charge par l’État. Sans l’aide de partenaires privés, et essentiellement d’organisations caritatives comme la Fondation, nombre de jeunes se détourneraient de la recherche fondamentale. Or, cette recherche est le moteur essentiel de l’innovation thérapeutique. Après une moyenne de huit années d’études, les postdocs en France se trouvent souvent dans une situation très précaire : faible salaire et peu d’opportunités de recrutement au sein des organismes de recherche. « Des difficultés qui se traduisent par un réel handicap lorsqu’il s’agit de trouver un appartement ou de fonder une famille », déplore Thomas Préat. Quant aux chercheurs français partis à l’étranger, il leur est aussi difficile de rentrer en France. Thomas Préat le regrette : « On perd ainsi beaucoup de très bons chercheurs, et en même temps, la France n’est pas assez compétitive sur le plan des offres professionnelles pour attirer les meilleurs étrangers. Notre système ne récompense pas l’excellence, alors celle-ci nous échappe souvent. » C’est pourquoi la Fondation pour la Recherche Médicale, à l’occasion de son 60e anniversaire, lance un appel au soutien des jeunes chercheurs, afin d’encourager les vocations et de leur donner ensuite les moyens d’assurer l’avenir de la recherche française. ■