
À 32 ans à peine, Jeanne Mialet- Perez s’apprête à codiriger, avec un chercheur CNRS, une équipe de recherche constituée de six personnes au sein de l’Institut de médecine moléculaire de Rangueil (Midi-Pyrénées).
« J
’ai soutenu ma thèse de doctorat début 2002. Elle portait sur le rôle de la sérotonine (une hormone présente dans le sang) sur les arythmies cardiaques. Puis, comme tout jeune docteur es sciences, j’ai souhaité parfaire ma formation avec un stage postdoctoral à l’étranger. Il a été très facile de partir : les trois labos que j’ai contactés en Amérique du Nord étaient d’accord pour m’accueillir », raconte la jeune femme. Elle a ainsi passé trois ans à l’université de Cincinnati, dans l’Ohio. «
On m’a proposé de rester, mais j’ai préféré rentrer en France pour retrouver mes proches. Là, auraient pu commencer les difficultés », poursuit-elle. En effet, pour réussir aux concours de recrutement des chercheurs en France, mieux vaut être présent sur le territoire français. Jeanne Mialet- Perez décide donc de rentrer en France. Seul hic : le financement. Fin 2004, avec le directeur du laboratoire qui souhaite l’accueillir, elle découvre le programm

e d’urgence mis en place par la Fondation pour faciliter le retour des jeunes chercheurs en France. Ses compétences, sa motivation et la qualité de son projet retiennent l’attention du Conseil scientifique de la Fondation. «
Cette bourse a servi à payer mon salaire, soit 2 500 euros par mois, et m’a permis de démarrer tout de suite mon projet de recherche. Sans ce financement, je ne serais probablement pas rentrée en France », explique-t-elle. En décembre 2005, elle obtient un poste à l’Inserm, «
C’est allé très vite. En général, cela demande plus de temps ! » Puis, en 2007, l’appel d’offres de la Fondation sur le vieillissement cardio-vasculaire est une opportunité pour elle, puisque c’est justement son domaine de recherche. Elle postule et son projet est à nouveau retenu. «
Grâce à cette subvention, je peux recruter des collaborateurs, acheter du matériel et constituer ainsi une équipe de quatre personnes qui travailleront sur le rôle de la sérotonine dans les pathologies cardiaques, s’enthousiasme cette brillante chercheuse. Sans le soutien de la Fondation pour la Recherche Médicale, je n’aurais jamais pu en arriver là », constate Jeanne Mialet-Perez. ■