
L’homme donne l’impression de préférer la discrétion et l’intimité des laboratoires. Pourtant, grâce à sa fonction de directeur du Génoscope – le Centre national de séquençage –, Jean Weissenbach a souvent travaillé sous le feu des projecteurs. Ce pharmacien de formation confesse également une passion pour la recherche fondamentale. «
Au départ, je me suis intéressé aux mécanismes fondamentaux plus qu’aux pathologies. » Pourtant, il a mené des travaux de recherche sur la génétique et le génome humain qui préfigurent la médecine de demain.
«
Ce sont des outils qui doivent nous amener vers la médecine moléculaire, une médecine qui permettra l’identification des facteurs moléculaires responsables des pathologies. » Jean Weissenbach vient de recevoir le grand prix de la Fondation pour la Recherche Médicale 2007, qui salue ce parcours exceptionnel. « C’est une grande satisfaction, car c’est une façon de me dire que le travail que j’ai effectué a été reconnu. »
Comment lui est venue l’envie de devenir chercheur? Jean Weissenbach ne sait que répondre, tellement la recherche scientifique est pour lui une évidence. «
Dès le début de mes études supérieures, je n’ai jamais pensé à faire autre chose parce que c’est un monde à découvrir, avec tellement de questions plus passionnantes les unes que les autres. » À 61 ans, il aura consacré plus de la moitié de sa vie à cette passion. Débutant par la chimie, il glisse ensuite vers la biochimie, puis la biologie, et plus particulièrement la génétique humaine moléculaire – au début des années 1980, cette discipline est encore une terre vierge à défricher. « C
’est à ce moment-là qu’ont été découverts les premiers gènes responsables de maladies génétiques, comme la myopathie de Duchenne ou le rétinoblastome. C’était à chaque fois une aventure de trouver un gène ! »
L’ARTISAN DE LA CARTE GÉNÉTIQUE De 1990 à 1995, Jean Weissenbach coordonne un programme d’envergure : l’établissement de la carte génétique humaine. «
La carte génétique, c’est ce qui permet, au moyen d’études familiales, de suivre la transmission de gènes. On peut ainsi savoir si un individu va transmettre le gène qui lui vient de sa mère ou celui de son père. La première conséquence de la carte génétique aura été de découvrir les gènes de nombreuses maladies monogéniques [maladies génétiques dues à un seul gène, NDLR]. » Le chercheur français mène la course dans ce domaine, au grand dam des Américains. C’est en 1996 que, fort de ce succès, ce directeur de recherche du CNRS prend la direction du Génoscope. Un fauteuil qui lui sied toujours aussi bien. ■
LE PALMARES 2007
DES PRIX DE LA FONDATION POUR LA RECHERCHE MEDICALE
> Grand Prix : Dr Jean Weissenbach
> Prix Raymond Rosen : Pr Michel Philippe
> Prix Jean-Paul Binet : Dr Jean-Marie Freyssinet
> Prix Marguerite Delahautemaison : Dr Claude Sardet
> Prix A.et F. Herbet : Julie Dunys
> Prix Mariane Josso : Romuald Binet
> Prix Rose Lamarca : Dr Cédric Moro
> Prix J.et A. Paneboeuf : Wajih Brahim
> Prix Jacques Piraud : Pr Patrice Nordman
> Prix Line Renaud : Dr Monself Benkirane
> Prix Lucien Tartois : Dr Etienne Schwob
> Prix Jean Bernard : Pr Philippe Jeammet
> Prix Escoffier Lambiotte : Pr Paul Benkimoun
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