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Interface cerveau-machine : la Fondation mobilise l’élite mondiale de la recherche autour d’un défi futuriste

03/01/2008
Du 27 au 29 septembre 2007, la Fondation pour la Recherche Médicale a réuni une centaine des meilleurs chercheurs internationaux sur le thème de la compréhension du cerveau et de l’utilisation de dispositifs robotisés d’aide aux handicapés moteurs et sensoriels.

 L’interface cerveau-machine : un thème de recherche en plein essor, des perspectives révolutionnaires contre le handicap… Avec l’Institut du cerveau et de la moelle et l’Institut de recherche sur la moelle épinière et l’encéphale, la Fondation pour la Recherche Médicale s’est saisie de ce thème d’avenir en réunissant près de Chantilly quelque 120 chercheurs venus du monde entier pour échanger sur ce thème. Sur le plan scientifique, quelques exemples donnent la mesure des chantiers multiples, complexes et surtout porteurs d’espoir pour les malades. En introduction de cette rencontre, Miguel Nicolelis, du Duke Center for Neuroengineering aux États-Unis, a présenté ses expériences, montrant qu’il est possible d’actionner un bras robotisé par la seule intervention de la pensée, sans faire appel aux muscles ! Puis, Stanislas Dehaene, du Collège de France, a rapporté ses expériences d’imagerie démontrant la façon dont le cerveau hiérarchise les informations qu’il reçoit. Ces découvertes pourraient faire l’objet d’applications dans l’évaluation des malades dans le coma, de leurs possibilités de réveil et l’anticipation de leurs éventuelles séquelles… Le Pr Birbaumer, de Tübingen en Allemagne, de son côté, tente de venir en aide à des patients atteints de sclérose latérale amyotrophique à un stade avancé, qui ne peuvent plus bouger. Il utilise tous les moyens à sa disposition pour détecter leur état de conscience, observant que le plus grand danger pour eux est le désespoir qu’entraîne la disparition des possibilités de communication. Le Pr Prochazka, d’Edmonton au Canada, a quant à lui insisté sur un aspect souvent négligé de la vie des personnes handicapées : le contrôle de la vessie. Dans ce cadre, il a évoqué des dispositifs expérimentés sur l’animal qui permettraient de bloquer les muscles sphinctériens de la vessie grâce à une stimulation contrôlée à distance. Bien d’autres exposés prometteurs se sont succédé ; et au terme de ces trois jours de colloque, deux constats s’imposent. D’une part, les progrès dans cette discipline de haute technologie vont très vite, et sont porteurs de grands espoirs pour toutes les personnes atteintes de handicaps moteurs ou de déficiences sensorielles (vue, audition). D’autre part, pour transformer les premiers résultats expérimentaux en applications cliniques, il est nécessaire de poursuivre ces échanges et de mettre en oeuvre des projets concrets. Les chercheurs réunis ont donc engagé une réflexion pour faire émerger en France des centres où coexisteraient recherche fondamentale en neurosciences, investigation clinique et projets industriels. Ils ont également conclu qu’une des actions prioritaires est d’envoyer de jeunes chercheurs et de jeunes ingénieurs se former dans les meilleurs centres étrangers, pour implanter, à leur retour en France, ces nouvelles thérapeutiques… Nul doute que la Fondation, grâce à l’ensemble de ses donateurs, accompagnera ce projet tellement porteur d’espoir.
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